Le Manifeste du futurisme rural

Il semble y avoir, chez les penseurs généralement axés sur l’urbanité, une « redécouverte » de la campagne, de la nature au sens large, et de son intersection avec les infrastructures, les systèmes et le changement climatique.

Nous aimons à penser que nous nous soucions de la campagne. Nous avons une vision idyllique des zones rurales comme des lieux de bonheur et d’honnêteté, comme les derniers refuges (bien que souvent imaginaires) de valeurs vénérables. Pourtant, si nous ne nous engageons pas de manière plus significative avec les communautés rurales, elles risquent de ne devenir guère plus que des parcs nationaux, totalement déconnectés de l’économie, de la politique et de la culture du reste d’un pays. […]

« Le Manifeste du futurisme rural« , écrivent-ils, « est un projet transnational qui interroge les discours actuels sur la ruralité comme étant authentique, utopique, anachronique, provinciale, traditionnelle et stable, et les binaires qui soutiennent ces discours : appartenance vs aliénation, développement vs retard ». […]

Le Manifeste du futurisme rural, plutôt que de se référer au futurisme italien, avec lequel il partage cependant une approche irrévérencieuse et ironique, est directement lié – dans un sens conceptuel et pratique – aux futurismes « mineurs » de la sphère postcoloniale, tels que l’afro-futurisme, dans lequel les technologies deviennent des outils de sensibilisation et de résistance pour affirmer une série de contre-narratifs par rapport aux positions d’inégalité et de différence.

Via Wemakemoneynotart

Une version du Manifesto here.

1) Le « futurisme rural » est un défi lancé aux discours actuels sur la ruralité en tant qu’authentique, utopique, anachronique, provinciale, traditionnelle et stable, et aux binaires qui soutiennent ces discours : appartenance contre aliénation, développement contre retard.

2) Une approche critique de la ruralité est nécessaire, aujourd’hui plus que jamais, pour imaginer d’autres futurs pour les communautés, territoires et lieux ruraux au-delà de la dichotomie « altérité » contre « identité ».

3) Il devient évident que la ruralité aujourd’hui ne peut pas être considérée simplement comme un espace géographique, mais plutôt comme une expression de « positionnalité », en termes de position politique réelle.

4) Nous devons comprendre les zones rurales comme des espaces complexes activement immergés dans le dynamisme des rencontres, des flux et des flux des géographies contemporaines, et remettre en question de manière critique les discours modernes du capitalisme et du métropolitainisme dans lesquels les territoires ruraux sont marginalisés et considérés comme condamnés à l’oubli.

5) Le « futurisme rural » aborde la dynamique complexe entre le territoire rural et l’espace urbain par le biais de la technoculture, en englobant une série de questions telles que la « génération » et le « temps » au sein des communautés locales (dépeuplement, mouvement, résilience et patrimoine culturel) et les caractéristiques géophysiques particulières du lieu (éloignement, vent, énergie, infrastructure et/ou manque d’infrastructure).

La campagne est le lieu des changements radicaux » : Rem Koolhaas se met à la campagne

D’un côté, Koolhaas ressemble un peu à quelqu’un qui a toujours vécu en ville, loue une cabane et dit quelque chose comme « Duuuuude ! La nature, l’homme ! » D’autre part, l’article est écrit par Oliver Wainwrigh qui qualifie certaines des conneries de l’architecte. Toujours intéressant à lire pour la partie sur l’immense parc industriel du Nevada, et cette « nouvelle » architecture centrée sur les machines qui s’y trouvent. (Honnêtement, il y a tellement de réserves à ce travail que j’ai hésité à l’inclure mais je pense que le parallèle avec ce qui précède ci-dessus est intéressant à noter).

Il s’agit du Tahoe Reno Industrial Center (TRIC), le plus grand parc industriel du monde, une bande de 107 000 acres du désert du Nevada qui est devenue l’arrière-boutique des grandes entreprises technologiques de la Silicon Valley, attirées ici par le régime fiscal favorable et les permis de construire instantanés. […]

« Un monde autrefois dicté par les saisons et l’organisation de l’agriculture », écrit-il, « est maintenant un mélange toxique d’expériences génétiques, de science, de nostalgie industrielle, d’immigration saisonnière, de frénésie d’achats territoriaux, de subventions massives, d’habitations fortuites, d’incitations fiscales, d’investissements, de troubles politiques – en d’autres termes, plus volatil que la ville la plus accélérée ». […]

Un autre assistant de recherche est franc : « C’est symptomatique de l’orgueil architectural que de prendre des photos d’un sujet comme celui-ci et de le présenter au monde comme « nouveau » ».

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.