Sensibilisateurs et cartographes

Dans cet article de sa série bizarre, Venkatesh Rao aborde un sujet très utile dans sa façon de concevoir la cartographie et le sens. Je ne suis pas convaincu qu’ils soient aussi opposés qu’il le dit, mais il présente une façon de comprendre les deux, et de les utiliser pour encadrer la façon dont les gens comprennent et réagissent à la complexité, ce que je trouve pertinent et qui vaut la peine d’être conservé.

Même s’il parle de systèmes, d’événements ou de tendances (changement climatique, vague populiste ethnonationaliste mondiale / anti-mondialiste, coronavirus, montée de la Chine, etc.), il semble que de multiples cartes peuvent également être considérées comme de multiples domaines et disciplines, et que son texte traite de la transdisciplinarité et de la compréhension entre les domaines.

Les cartographes essaient de créer une seule carte qui rend compte de tout ce qu’ils voient arriver aux choses qui leur tiennent à cœur. Puis ils essaient d’élaborer des récits sur cette carte. Les cartes peuvent être fausses ou incomplètes, mais elles ne sont généralement pas incohérentes ou entropiques, car elles représentent un point de vue unique, globalisant et absolument intéressé, et un ensemble de préférences épistémiques, ontologiques et esthétiques associées. […]

Les sensibilisateurs, quant à eux, tentent d’approcher le territoire en utilisant plusieurs cartes, ainsi que l’expérience directe. Leur point de vue n’est pas désintéressé, mais relatif et multi-intéressé. Nous voulons que les différents points de vue s’accordent dans un certain sens limité, ce qui donne confiance à notre espoir d’avoir donné un sens à la réalité par triangulation. […]

Aucune carte individuelle n’est suffisante ou nécessaire, et ensemble, elles peuvent être plus que simplement erronées ou incomplètes. Contrairement à une carte, la construction du sens – qui est un processus continu, un flux de conscience de la situation, plutôt qu’un objet – peut également être incohérente et entropique. Tout comme un flux fluide, la création de sens peut subir des chocs, des booms soniques, des transitions entre le laminaire et le turbulent, etc. […]

C’est ça qui est bizarre. Un échec qui fait sens en réponse à un choc. Il est similaire à bien des égards à l' »effondrement de la boucle OODA » causé par un adversaire hostile, mais dans le cas de chocs systémiques importants, l’adversaire n’est pas un autre acteur. Il s’agit de l’écrasante complexité du système lui-même.

Via Ribbonfarm

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