Epidémie ou pandémie ? Où en est le statut du Coronavirus ?

« Notre décision d’utiliser ou non le mot pandémie pour qualifier une épidémie est fondée sur une évaluation continue de la propagation géographique du virus, de la sévérité de la maladie qu’il provoque et de l’impact qu’il a sur l’ensemble de la société », a expliqué Tedros Adhanom Ghebreyesus, lundi. Sur son site internet, l’OMS fournit pourtant une définition plus sommaire : « On parle de pandémie en cas de propagation mondiale d’une nouvelle maladie. » Quant au Larousse, il évoque simplement une « épidémie étendue à toute la population d’un continent, voire au monde entier ».  

C’est donc traditionnellement l’extension à plusieurs régions du monde, avec des foyers distincts, plutôt que des critères de sévérité ou la capacité de nuisance d’un virus, qui décident du basculement d’un terme à l’autre.

Carte en direct des cas de coronavirus

Data: The Center for Systems Science and Engineering at Johns Hopkins

Or, plus d’une trentaine de pays sont désormais touchés par le nouveau coronavirus. En Chine, près de 2 700 personnes ont succombé au Covid-19, sur 77 000 cas de contamination. En Europe, l’Italie, qui compte désormais sept morts, est devenue le premier pays du continent à mettre en place un cordon sanitaire autour d’une dizaine de villes du Nord. Deux mois après l’apparition du nouveau coronavirus, l’Afghanistan, le Bahrein, le Koweit, l’Irak et Oman ont également annoncé des premiers cas de contamination. La Corée du Sud et l’Iran se retrouvent, eux, en première ligne, avec respectivement le plus grand nombre de cas de contamination et de morts en dehors de Chine (15 morts sur une soixantaine de cas en Iran, 9 morts sur près de 900 cas en Corée du Sud).

Pourquoi l’OMS se refuse-t-elle donc toujours à parler de pandémie ? Pour répondre à cette question, il faut faire un bond dans le passé et explorer une autre crise sanitaire : celle du virus de la grippe A (H1N1), en 2009. A l’époque – et puisque l’épidémie est également mondiale –, l’OMS considère que le virus est entré dans une phase pandémique. Les groupes pharmaceutiques se mettent en branle et se pressent de commercialiser de grandes quantités de vaccins. En France, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé à l’époque, commande 94 millions de doses, auprès de trois laboratoires. Mais finalement, le virus s’avère moins grave que prévu et le système de catégorisation de l’OMS fait l’objet de vives critiques. Avant d’être abandonné.

FranceInfo s’est penché sur le sujet.

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