Les semi-remorques vont avoir l’air totalement démentes

Le concept Gruzovikus, du studio Art Lebedev, taquine les demi-finales autonomes qui se trouvent juste au coin de la rue.

Est-ce que c’était un cyber-chariot élévateur ? Un gigantesque iPhone sur roues ? En fait, le Gruzovikus est un concept de semi-remorque robotisée : un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler le transport longue distance dans le futur, lorsque les véhicules seront entièrement électriques et se conduiront eux-mêmes.

Conçu par Art Lebedev Studio, le cabinet de design russe qui a tout créé, du nouveau plan de métro pour Moscou au clavier Optimus (qui a placé un mini écran OLED sur chaque touche en 2008 !), le Gruzovikus se démarque radicalement des semi-remorques que nous avons aujourd’hui.

Jusqu’à présent, même les semis électriques de demain ressemblent beaucoup aux semis d’aujourd’hui. Le constructeur automobile allemand Daimler a lancé en 2019 un semi électrique qui a l’air tout à fait typique, jusqu’à la calandre surdimensionnée. Même le semi-remorque électrique de Tesla, qui est toujours en développement, adopte une approche bien plus conventionnelle dans sa conception que son avant-gardiste Cybertruck. L’habitacle avant, très spacieux, est parfaitement familier, même s’il comporte quelques panneaux incurvés, qui sont clairement destinés à fendre le vent comme la pointe d’une lance.

En revanche, le véhicule Gruzovikus n’est pas du tout un véhicule. Sans moteur diesel ni sièges pour les personnes, la cabine box a été remplacée par un écran plat. Elle n’a pas l’air très aérodynamique, bien que selon le studio, l’écran avant combiné aux ailerons sur chaque joue sont conçus pour canaliser l’air au-delà du véhicule. Le design plat permet à la remorque de s’attacher sur l’essieu avant du camion plutôt que sur l’arrière, ce qui, selon le studio, ajoute de la stabilité à la conduite.

Nous aurions besoin d’une soufflerie et d’une piste d’essai pour prouver ces affirmations. Mais le Gruzovikus est un concept provocateur. Sa face avant monolithique annonce la technologie d’auto-conduite qu’il renferme ; c’est le visage d’une IA sans émotion qui se précipite sur la route. D’autres caractéristiques – les feux avant, les panneaux latéraux, l’arrière du véhicule – suggèrent le ciselage agressif d’une voiture de sport. Ces détails diffusent un point de vue axé sur la performance.

Les véhicules électriques et désormais autonomes offrent la première chance depuis près de 100 ans aux concepteurs de repenser les facteurs de forme des voitures. Nous l’avons vu très tôt avec la Prius. Sa forme cunéiforme n’était pas seulement un signe d’aérodynamisme, mais aussi de préservation de l’environnement – la tendance des consommateurs à acheter des produits qui affichent leur respect de l’environnement. Puis Google a imaginé la voiture autonome, non pas comme un robot tueur sur roues, mais comme un véhicule doux au toucher et respectueux des piétons. Aujourd’hui, nous voyons d’innombrables concepts qui envisagent la voiture comme étant moins un cockpit pour quatre personnes qu’une pièce spacieuse sur roues, remplie de sexe.

Mais jusqu’à présent, ces conceptions ont été destinées à l’acheteur de voitures grand public. La formule pour séduire l’industrie des semi-remorques, soucieuse de la rentabilité et de la logistique de livraison que peu de gens en dehors de l’industrie maritime peuvent comprendre, ne sera pas la même. En fin de compte, le Gruzovikus semble être un croisement entre le transport autonome de marchandises et le véhicule performant. Il ressemble davantage à un véhicule haute couture qu’à un camion de transport de marchandises. Il reste à voir si c’est la bonne approche ou non.

Via Fastcompany

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