🇹🇳đŸ‡ș🇾 Chine et États-Unis

La Chine s’efforce de se positionner rapidement en tant que leader au milieu du chaos, en particulier avec les États-Unis qui risquent de s’enliser dans la crise chez eux pendant les semaines ou les mois Ă  venir.

Lorsqu’aucun État europĂ©en n’a rĂ©pondu Ă  l’appel urgent de l’Italie pour du matĂ©riel mĂ©dical et des Ă©quipements de protection, la Chine s’est engagĂ©e publiquement Ă  envoyer 1 000 respirateurs, deux millions de masques, 100 000 respirateurs, 20 000 combinaisons de protection et 50 000 kits de test. La Chine a Ă©galement envoyĂ© des Ă©quipes mĂ©dicales et 250 000 masques en Iran et a envoyĂ© des fournitures en Serbie, dont le prĂ©sident a rejetĂ© la solidaritĂ© europĂ©enne comme « un conte de fĂ©es » et a proclamĂ© que « le seul pays qui peut nous aider est la Chine ». Le co-fondateur d’Alibaba, Jack Ma, a promis d’envoyer de grandes quantitĂ©s de kits de test et de masques aux États-Unis, ainsi que 20 000 kits de test et 100 000 masques dans chacun des 54 pays d’Afrique.

L’avantage de PĂ©kin en matiĂšre d’aide matĂ©rielle est renforcĂ© par le simple fait qu’une grande partie de ce dont le monde dĂ©pend pour combattre le coronavirus est fabriquĂ© en Chine. Elle Ă©tait dĂ©jĂ  le principal producteur de masques chirurgicaux ; aujourd’hui, grĂące Ă  une mobilisation industrielle de type guerre, elle a plus que dĂ©cuplĂ© la production de masques, ce qui lui donne la capacitĂ© de les fournir au monde entier. La Chine produit Ă©galement environ la moitiĂ© des respirateurs N95 indispensables Ă  la protection des travailleurs de la santĂ© (elle a obligĂ© les usines Ă©trangĂšres en Chine Ă  les fabriquer puis Ă  les vendre directement au gouvernement), ce qui lui donne un autre outil de politique Ă©trangĂšre sous la forme d’Ă©quipements mĂ©dicaux. Par ailleurs, les antibiotiques sont essentiels pour lutter contre les infections secondaires Ă©mergentes dues Ă  COVID-19, et la Chine produit la grande majoritĂ© des principes pharmaceutiques actifs nĂ©cessaires Ă  leur fabrication.

La tactique de PĂ©kin consiste en une vĂ©ritable campagne de dĂ©sinformation. Cette campagne a peut-ĂȘtre Ă©tĂ© involontaire au dĂ©but, mais elle semble certainement plus dĂ©libĂ©rĂ©e maintenant.

Il est mĂȘme possible que la Chine devienne le refuge Ă©conomique et financier mondial, affirme Andy Rothman. Le gouvernement dispose de beaucoup de matiĂšre sĂšche, la demande des consommateurs est saine (amortie par l’Ă©pargne des mĂ©nages, voir le tableau sur l’optimisme des consommateurs chinois) et il y a de fortes chances que les infections domestiques Ă  Covid-19 soient sous contrĂŽle.

Alors que l’Europe et les États-Unis entament leur phase de fermeture Ă©conomique, s’intĂ©ressant principalement aux fournitures mĂ©dicales et aux produits de base, l’Ă©conomie chinoise, qui peut encore compter davantage sur la demande intĂ©rieure que beaucoup d’autres nations, revient lentement Ă  la vie. (Graphiques ci-dessous du CE).

Graphique montrant l’impact du Covid-19 sur l’Ă©conomie chinoise. Sous-indices qui composent l’indice d’activitĂ© Ă©conomique du CE pour la Chine.

Les États-Unis rĂ©agiront. Ils sont lents Ă  agir et clairement dĂ©sunis, mais lorsqu’ils agissent, ils font preuve de crĂ©ativitĂ©, de ressources, d’engagement et de dynamisme. Comme Joe Cohen a suggĂ©rĂ©, la rĂ©ponse fĂ©dĂ©rĂ©e des États-Unis, les États en tĂȘte pour la santĂ© publique, le gouvernement fĂ©dĂ©ral pour les marchĂ©s et la relance, les centres nationaux d’excellence pour les rĂ©ponses mĂ©dicales et scientifiques, et son solide secteur privĂ© d’innovation pourraient se transformer en une stratĂ©gie gagnante. (Par exemple, voir Curative Inc, une start-up amĂ©ricaine qui met Ă  l’Ă©chelle jusqu’Ă  10 000 tests Covid-19 par semaine).

Il en rĂ©sultera un impact inĂ©gal en fonction de la gĂ©ographie et de la rĂ©ponse rĂ©glementaire. Certains États comme la Californie et New York connaissent une situation d’urgence Ă  grande Ă©chelle, certains Ă©lĂ©ments de la direction au Texas sont plus calculateurs dans leur rĂ©ponse. Ces derniers jours, la FDA a interdit les tests Covid-19 Ă  domicile.

Au cours de leurs 240 ans d’histoire, les États-Unis ont connu un succĂšs considĂ©rable, mis Ă  part leurs Ă©checs d’aprĂšs-guerre Ă  Cuba, au Vietnam, en Irak, en Afghanistan et en Syrie. Mais contrairement Ă  ces guerres, Covid-19 reprĂ©sente une attaque sur la patrie d’une intensitĂ© plus grande que le 11 septembre ou Pearl Harbour.

Pourtant, cette rĂ©ponse fragmentĂ©e risque de priver les États-Unis de l’un de leurs plus anciens avantages Ă©conomiques, Ă  savoir la prime de risque dont bĂ©nĂ©ficient les actions amĂ©ricaines.

La lenteur de la rĂ©action amĂ©ricaine, d’abord en rhĂ©torique et maintenant en action, montre aux investisseurs qu’ils ignorent la compĂ©tence du gouvernement en place Ă  leurs risques et pĂ©rils. Surtout lorsque chaque jour qui passe sans rĂ©ponse du gouvernement ne fait qu’aggraver les coĂ»ts – tant pour les hommes que pour le capital – Ă  long terme.

La mort du siĂšcle amĂ©ricain a peut-ĂȘtre Ă©tĂ© exagĂ©rĂ©e, mais cette crise marquera peut-ĂȘtre la fin de la prime d’Ă©valuation amĂ©ricaine.

Comment cela va-t-il se terminer ? Cette excellente critique du Financial Times ne présage rien de bon :

un mĂ©lange toxique de ralentissements Ă©conomiques aux États-Unis et en Chine, de citoyens nationalistes et de dirigeants politiques essayant de rejeter la faute sur un rival extĂ©rieur a le potentiel d’aggraver la crise. [Bill Bishop] a Ă©crit la semaine derniĂšre : « Le carnage du coronavirus a Ă  peine commencĂ© aux États-Unis. »

Via Exponential View

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