Le pouvoir en temps de crise

Personne ne peut accuser le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’ignorer cette crise. Au lieu de cela, il a été accusé de l’utiliser pour s’accrocher au pouvoir et retarder son procès pour corruption.

  • Alors qu’il a été demandé à Benny Gantz de former le prochain gouvernement israélien après les élections du 2 mars, Netanyahu a appelé Gantz à rejoindre un gouvernement d’unité, sous sa direction, pour lutter contre l’épidémie.
  • Dans son rôle actuel de gardien, Nétanyahou a pris des mesures d’urgence – notamment en permettant au gouvernement de surveiller les téléphones portables pour suivre la propagation du virus – sans contrôle parlementaire.

Zoom arrière : Israël n’est pas seul. La Chine a utilisé des applications pour empêcher les personnes exposées au virus de quitter leur domicile. La Russie dit qu’elle va bientôt mettre en place un système pour suivre les personnes infectées et avertir celles qui y sont exposées.

  • La Corée du Sud et Taiwan, deux démocraties qui ont été félicitées pour leurs réponses à l’épidémie, ont également utilisé la localisation. Singapour a une approche particulièrement high-tech.

Vue d’ensemble : Les actions musclées du gouvernement, allant de l’interdiction de voyager aux quarantaines, se sont jusqu’à présent révélées populaires parmi les populations en quête de protection, écrit Anne Applebaum dans The Atlantic.

  • Même si le gouvernement hongrois a décidé de donner au Premier ministre Viktor Orbán « des pouvoirs dictatoriaux … pour une période indéterminée », note-t-elle, l’opposition craignait de paraître antipatriotique en s’y opposant.

Ce qu’il faut lire et écouter : L’historien Yuval Harari prévient le FT que les gouvernements ne rendront pas volontiers les pouvoirs qu’ils ont acquis une fois la crise terminée.

Il est crucial de se rappeler que la colère, la joie, l’ennui et l’amour sont des phénomènes biologiques tout comme la fièvre et la toux. La même technologie qui identifie la toux pourrait aussi identifier le rire. Si les entreprises et les gouvernements commencent à récolter nos données biométriques en masse, ils peuvent apprendre à nous connaître bien mieux que nous ne nous connaissons nous-mêmes, et ils peuvent alors non seulement prédire nos sentiments mais aussi les manipuler et nous vendre tout ce qu’ils veulent – que ce soit un produit ou un politicien. Grâce à la surveillance biométrique, les tactiques de piratage de données de Cambridge Analytica ressembleraient à quelque chose de l’âge de pierre. Imaginez la Corée du Nord en 2030, où chaque citoyen doit porter un bracelet biométrique 24 heures sur 24. Si vous écoutez un discours du Grand Leader et que le bracelet détecte les signes de colère, vous êtes fichu.

(…)

Demander aux gens de choisir entre vie privée et santé est, en fait, la racine même du problème. Car il s’agit d’un faux choix. Nous pouvons et devons jouir à la fois de la vie privée et de la santé. Nous pouvons choisir de protéger notre santé et de mettre un terme à l’épidémie de coronavirus non pas en instituant des régimes de surveillance totalitaires, mais plutôt en donnant aux citoyens les moyens d’agir. Ces dernières semaines, certains des efforts les plus fructueux pour contenir l’épidémie de coronavirus ont été orchestrés par la Corée du Sud, Taiwan et Singapour. Si ces pays ont fait un certain usage des applications de suivi, ils se sont beaucoup plus appuyés sur des tests approfondis, sur des rapports honnêtes et sur la coopération volontaire d’un public bien informé.

« De nombreuses mesures d’urgence à court terme vont devenir un incontournable. C’est la nature des urgences ».

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