đŸ‘”đŸœ đŸ‘§đŸœ jeunes et vieux

Cette maladie s’attaque de maniĂšre disproportionnĂ©e aux personnes ĂągĂ©es.

Contrairement Ă  la grippe espagnole, qui, en termes absolus, tue les personnes de 20, 30 et 40 ans plus que la plupart des autres tranches d’Ăąge. En termes relatifs, les taux de mortalitĂ© des 25-30 ans Ă©taient similaires Ă  ceux des 60-70 ans. (Il y avait juste beaucoup plus de personnes ĂągĂ©es de 20 Ă  40 ans que de septuagĂ©naires il y a un siĂšcle).

Les premiers indicateurs pour le Covid-19 suggĂšrent que le taux de mortalitĂ© des septuagĂ©naires et plus est environ 30 Ă  60 fois plus Ă©levĂ© que celui de la tranche d’Ăąge 30-39 ans. En fait, la mĂ©decine moderne semble pouvoir guĂ©rir la plupart de ces personnes sans autres complications graves. Voir, par exemple, les premiĂšres donnĂ©es amĂ©ricaines ici qui soutiennent des recherches plus approfondies en Italie et en Chine. Le taux de mortalitĂ© relativement faible de l’Allemagne est en partie attribuĂ© au fait que la maladie passe d’abord par les populations plus jeunes.

C’est ce qu’ont remarquĂ© les gouvernements. La stratĂ©gie initiale de la Grande-Bretagne en matiĂšre d' »immunitĂ© collective » semblait dĂ©pendre de la puissance relative des cohortes plus jeunes face Ă  la maladie.

Afin d’arrĂȘter la propagation de la maladie, les gouvernements ont de plus en plus souvent fermĂ© leurs Ă©conomies. La Chine d’abord, puis toute l’Europe, l’Italie, l’Espagne, la France, la Suisse, le Royaume-Uni et une partie de plus en plus grande des États-Unis.

Aujourd’hui, nous sommes confrontĂ©s Ă  un piĂšge de stagnation, oĂč :

les gouvernements rĂ©agissent en rĂ©duisant les investissements, ce qui a un effet nĂ©gatif sur la croissance de la productivitĂ©. Les attentes pessimistes initiales d’une faible croissance se rĂ©alisent donc d’elles-mĂȘmes. Il est important de noter que cette boucle de rĂ©troaction ne peut se rĂ©aliser que si les fondamentaux de l’Ă©conomie sont suffisamment faibles. L’Ă©pidĂ©mie de coronavirus peut donc ouvrir la porte Ă  des piĂšges de stagnation dus aux attentes, prĂ©cisĂ©ment en affaiblissant les fondamentaux de la croissance de l’Ă©conomie… Cela signifie qu’une intervention politique suffisamment agressive pour soutenir l’investissement peut Ă©liminer les piĂšges de stagnation. Une intervention timide, cependant, ne fera pas l’affaire. (C’est moi qui souligne).

Pour sortir de ce piĂšge de la stagnation, il faudra un effort herculĂ©en. Et pour empĂȘcher le tissu social de s’effilocher, les gouvernements ont commencĂ© Ă  faire des interventions sans prĂ©cĂ©dent.

Ces sommes devront ĂȘtre remboursĂ©es Ă  mesure que nos Ă©conomies redĂ©marreront. Les gouvernements y parviennent gĂ©nĂ©ralement en rĂ©duisant les investissements dans les biens publics, comme l’Ă©ducation ou le logement, ou en augmentant les impĂŽts. AprĂšs le renflouement des banques pendant la crise financiĂšre mondiale, la plupart des gouvernements occidentaux ont rĂ©percutĂ© le coĂ»t des rĂ©parations sur les plus dĂ©munis par le biais de programmes d’austĂ©ritĂ©.

Les cohortes plus jeunes, lorsque la poussiĂšre retombera, pourraient se demander comment tout cela sera payĂ© et si la charge de le payer leur incombera. Les cohortes plus ĂągĂ©es, qui contrĂŽlent largement la richesse des Ă©conomies plus riches, et ce de plus en plus depuis la crise financiĂšre mondiale, pourraient adopter un point de vue diffĂ©rent. En fin de compte, ce sont les hommes politiques qui en dĂ©cideront, Ă  un moment oĂč la classe dirigeante est plus ĂągĂ©e que jamais auparavant.

Tous ne se comporteront pas comme ce prĂȘtre italien.

Comment explorer de maniÚre constructive les divergences qui peuvent apparaßtre entre les jeunes et les personnes ùgées ?

Le dialogue

Il y a peut-ĂȘtre d’autres clivages Ă  explorer. Par exemple, l’Ă©quilibre entre les sexes : lors des guerres prĂ©cĂ©dentes, les hommes reprĂ©sentaient les combattants, ils ont subi la plupart des pertes en guerre et ont commis la quasi-totalitĂ© des meurtres (de civils et de soldats). Dans cette guerre, la ligne de front est constituĂ©e par les mĂ©decins et les infirmiĂšres – 75% de nos guerriers sont des femmes.

Plus large que la Chine contre les États-Unis, c’est l’Orient collectif contre l’Occident individualiste, de Confucius contre Aristote. L' »autre » grossier conduit Ă  la simple conclusion que ces nations asiatiques sont bizarres parce qu’elles ne sont pas NOUS. Qu’elles sont les seules Ă  accepter des blocages massifs parce que la population collective se comporte comme un troupeau (et n’a donc pas besoin d’une immunitĂ© collective). Mais comme l’ont rĂ©cemment affirmĂ© des mĂ©decins de Bergame, l’Ă©picentre de la maladie en Lombardie, les institutions collectives font effectivement la diffĂ©rence pendant les pandĂ©mies :

Les systÚmes de santé occidentaux ont été construits autour du concept de soins centrés sur le patient, mais une épidémie exige un changement de perspective vers un concept de soins centrés sur la communauté

Et mĂȘme si la plupart des commentateurs affirment que les populations occidentales ne pourront jamais accepter les contraintes de dĂ©placement, il s’avĂšre que celles d’Italie, de France, d’Allemagne, du Royaume-Uni et des États-Unis le peuvent. Quatre-vingt-treize Britanniques sur cent, originaires des pays de Locke, Mill, Bentham et Smith, le soutiennent. Que pouvons-nous apprendre des autres nations plus tĂŽt ?

La maniĂšre dont nous aborderons ces clivages dĂ©terminera la forme du monde aprĂšs la guerre. AprĂšs avoir dĂ©barrassĂ© nos foyers, nos rues et nos villes de ce vilain mot de 29 902 lettres, et l’avoir banni pour ne plus ĂȘtre que des reliquats furtifs, quel avenir allons-nous façonner ?

Via Exponential View

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