đŸš¶đŸŒâ™‚ Pour vivre pleinement l’expĂ©rience de la vie, posez tous vos appareils et marchez

L’art de la marche est contraire Ă  l’idĂ©e de « filtrer » le monde dans lequel nous vivons, et il n’y a pas d’ensemble de rĂšgles ou de calculs prĂ©programmĂ©s. La marche, simplement pour le plaisir de marcher, peut ĂȘtre un bref rĂ©pit dans notre vie autrement frĂ©nĂ©tique, nous permettant de nous dĂ©tacher afin de pouvoir revoir la vie par nous-mĂȘmes, un peu comme le fait un enfant ».

PiĂ©ton : un mot adaptĂ© aux moments les plus ternes, les plus fastidieux et les plus monotones de la vie. Nous ne voulons pas vivre des vies de piĂ©tons. Pourtant, nous devrions peut-ĂȘtre le faire. Beaucoup de grands penseurs de l’histoire ont Ă©tĂ© des piĂ©tons. Henry David Thoreau et William Wordsworth, Samuel Taylor Coleridge et Walt Whitman, Friedrich Nietzsche et Virginia Woolf, Arthur Rimbaud, le Mahatma Gandhi, William James – tous Ă©taient des Ă©crivains dont le travail de l’esprit Ă©tait liĂ© au mouvement rĂ©gulier de leurs pieds. Ils ressentaient le besoin de se lever et de faire circuler le sang, laissant la page pour mettre un chapeau et aller se promener dehors. Ce faisant, ils Ă©taient en phase avec les forces antipodales du mouvement et du repos, une impulsion inscrite dans les lois de la nature.

Combien d’entre nous sont aujourd’hui capables de se libĂ©rer de la page et de sortir par la porte quand ils se lĂšvent de leur bureau ? MĂȘme en respectant les dictats de la nature, en respirant profondĂ©ment Ă  l’air libre lorsque nous mettons nos jambes en mouvement, il est probable que nous devions accomplir l’entreprise aussi rapidement et efficacement que possible. Mais ce faisant, peut-ĂȘtre que l’essence mĂȘme de l’activitĂ© nous Ă©chappe encore. Nous renonçons Ă  l’art de la marche.

Marcher dans un but prĂ©cis est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme une chose positive, comme un signe que les gens sont concentrĂ©s et qu’ils ont les yeux rivĂ©s sur un objectif ou un prix. Mais l’art de la marche n’est pas une question de but ou d’objectif. Comme l’a soutenu Emmanuel Kant, la crĂ©ation et l’apprĂ©hension de la beautĂ© s’incarnent dans « une intention sans but prĂ©cis ». L’art de la marche s’articule autour de cette finalitĂ© sans but prĂ©cis.

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