L’avenir du long-termisme

Au cours des dernières décennies, nous avons réduit le temps à des périodes de plus en plus courtes. Comme l’a dit un jour l’investisseur Esther Dyson : « En politique, la période dominante est un mandat, dans la mode et la culture, c’est une saison. Pour les entreprises, c’est un quarter, sur Internet, ce sont des minutes, et sur les marchés financiers, quelques millisecondes ». Nos capacités structurelles et nos incitations sous-jacentes sont profondément codées pour faire progresser la réflexion et la prise de décision à court terme. Ce déficit sociétal fondamental dans la réflexion prospective imprègne nos infrastructures psychologiques, culturelles, technologiques, juridiques, financières et politiques – amplifiant un biais vers le présent – ce qui se traduit par des sujets à courte vue et vulnérables, des investissements financiers à court terme, des économies de gaspillage et une fracture politique croissante entre les relations intergénérationnelles.

Alors que la dégradation écologique, les dettes publiques et les risques technologiques deviennent une réalité, nous n’avons plus le luxe de pouvoir traiter l’avenir comme un avant-poste lointain.

Pour faire face aux multiples crises auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui, nous devons étendre notre cadre de référence temporel et élaborer des réponses stratégiques et critiques qui orientent les profondes transformations structurelles du long terme. En d’autres termes, nous devons développer la volonté, la motivation et les instruments structurels pour échapper à l’emprise du présent et prendre conscience de notre pouvoir et de notre responsabilité sur l’avenir. C’est une enquête que nous entreprenons – en collaboration avec une série de partenaires – dans le cadre de l’initiative de démonstration approfondie du long-termisme EIT Climate-KIC, qui se concentre sur la transformation des grands systèmes pour permettre une réorientation des mentalités, des comportements et des mécanismes qui favorisent la réflexion sur l’avenir.

Aux Dark Matter Labs, leur contribution actuelle à ce travail consiste en une série de « zones d’expérimentation et de sondage ». Ils pensent que ces zones sont le début de l’imagination de futurs alternatifs et qu’elles s’étendent à l’autonomisation individuelle, aux récits culturels, aux processus démocratiques, aux instruments financiers et aux réformes politiques. Ces zones ne sont pas exhaustives, elles servent plutôt de points de départ pour spéculer sur les changements systémiques vers le long terme.

Pour créer un présent centré sur l’avenir,  cherchons à passer (1) des « Perishable Selves » aux « Persistent Selves » (des sois périssables à des sois résistants) ; (2) des « Obsolete Objects » aux « Persistent Things »(d’objets obsolètes à des choses résistantes) ; (3) des « Abstracted » aux « Entangled Organisations » (des organisations abstraites à des organisations connectées); (4) du « Shrinking State Care » au « Long Welfare » (réduction de soins de santé à un système de santé pérenne) ; (5) des « Short-term Investments » aux « Long Financing » dans un monde volatile(des investissements volatiles à des investissements durables) ; (6) et des « Limited Representative Democracies » aux « Long Democracies » (de démocraties représentatives à des démocraties long terme) ; ils définissent ces zones comme leurs six « zones d’expérimentation ». En utilisant ce cadre initial, ils explorent six sondes expérimentales interdépendantes à tester simultanément afin de commencer à enquêter sur une transformation profonde et à long terme.

Les cinq domaines d’action sont les suivants :

  • Rétablir les règles du jeu en matière de réglementation et de gouvernance ;

  • Repenser les notions de valeur pour réformer le système financier ;

  • Renforcer l’autonomie des individus par la transparence de l’information, le renforcement des capacités et le changement de comportement ;

  • Permettre l’action collective et créer de nouveaux espaces démocratiques pour créer une pression de fond en faveur du changement ;

  • et Changer la culture et les discours pour promouvoir les mentalités à long terme.

En parallèle et en reconnaissance de l’ampleur des changements nécessaires, le CCI Climat de l’IET, en collaboration avec Dark Matter et leurs partenaires, expérimente également de nouveaux instruments, mécanismes et véhicules qui peuvent investir sur des périodes plus longues, investir dans l’expérimentation institutionnelle de codes profonds nécessaire, investir verticalement dans des portefeuilles allant du changement culturel profond aux nouvelles infrastructures institutionnelles pour accélérer la transition de l’Europe vers une société à long terme.

Consultez :

1. Des sujets périssables aux sujets persistants
2. Des objets obsolètes aux choses persistantes
3. De l’abstraction des organisations à leur interconnexion
4. De la réduction des soins de l’État à l’aide sociale de longue durée
5. Des investissements à court terme aux financements à long terme dans un monde volatile
6. De la limitation des démocraties représentatives aux démocraties longues

Via Climate-KIC

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