🌍 Un rĂ©seau mondial de plus de 7,5 milliards d’individus hyperconnectĂ©s a crĂ©Ă© la pandĂ©mie, et ce mĂȘme rĂ©seau peut la rĂ©soudre

Un bel essai sur le superorganisme qu’est l’humanitĂ©.

Les produits animaux et vĂ©gĂ©taux sauvages sont extraits des Ă©cosystĂšmes intacts Ă  un rythme sans prĂ©cĂ©dent. Ces produits finissent sur les tables de confĂ©rence des entreprises de Wall Street, sont exposĂ©s dans les zoos privĂ©s en Europe et sont prĂ©sentĂ©s comme des stimulateurs de fertilitĂ© et des sĂ©rums pour les jeunes dans l’industrie des « produits pharmaceutiques alternatifs ». Mais en pillant ces terres sauvages pour les ressources que nous estimons, nous perturbons les niches Ă©cologiques Ă©tablies, notamment celles des agents pathogĂšnes et des hĂŽtes. Les virus et les bactĂ©ries qui ont Ă©voluĂ© dans le cycle de vie d’un animal sauvage sont exposĂ©s de maniĂšre opportuniste aux humains, par exemple.

Il est important de comprendre que cette pandĂ©mie COVID-19 est une crĂ©ation humaine. Nous avons crĂ©Ă© ce problĂšme prĂ©cisĂ©ment Ă  cause du type d’espĂšces que nous sommes, et de la planĂšte que nous avons crĂ©Ă©e.

Tout comme un agent infectieux peut se propager dans tout le rĂ©seau Ă  partir d’un seul point, il en va de mĂȘme pour une solution unique.

Il n’est pas surprenant que les communautĂ©s adjacentes aux forĂȘts tropicales exploitĂ©es, avec leurs marchĂ©s d’animaux sauvages, soient les premiĂšres touchĂ©es par de nouvelles maladies, telles que le virus Ebola, le VIH, le virus de Marburg, le SRAS et, plus rĂ©cemment, le COVID-19. La plupart des maladies infectieuses humaines ont une origine zoonotique, mĂȘme si la plupart de ces agents pathogĂšnes ont fait le transfert des animaux aux humains il y a plusieurs gĂ©nĂ©rations. Mais l’Ă©mergence de nouveaux agents pathogĂšnes humains semble s’accĂ©lĂ©rer, et 75 % des nouvelles maladies qui nous touchent depuis 30 ans sont d’origine animale. Alors que nous modifions notre environnement planĂ©taire, que nous introduisons des personnes dans des lieux autrefois occupĂ©s par des animaux sauvages et que nous relions des Ă©lĂ©ments naturels et humains autrefois sĂ©parĂ©s, les pandĂ©mies deviennent inĂ©vitables. Une Ă©tude rĂ©alisĂ©e en 2007 sur l’Ă©pidĂ©mie de SRAS de 2002-2003 a mis en garde contre la prĂ©sence d’un important rĂ©servoir de virus de type Sras-CoV chez les chauves-souris, ainsi que la culture de consommation de mammifĂšres exotiques dans le sud de la Chine, qui constitue une bombe Ă  retardement.

Les humains n’opĂšrent pas dans leurs Ă©cosystĂšmes de la mĂȘme maniĂšre que les autres espĂšces, mĂȘme les autres prĂ©dateurs de haut niveau. Nous n’avons pas de niche Ă©cologique, mais nous dominons et modifions plutĂŽt l’Ă©cosystĂšme local – et maintenant mondial – de maniĂšre cumulative pour l’adapter Ă  nos modes de vie et amĂ©liorer notre survie, notamment par la perte d’habitats, l’introduction d’espĂšces envahissantes, le changement climatique, la chasse Ă  l’Ă©chelle industrielle, le brĂ»lage, la plantation, le remplacement des infrastructures et d’innombrables autres modifications. Cela signifie que si d’autres espĂšces ne provoquent pas naturellement des extinctions (sauf dans de rares circonstances, comme sur les Ăźles), les humains menacent actuellement 1 million des 8 millions d’espĂšces que compte la planĂšte.

Nous n’interagissons pas non plus entre nous de la mĂȘme maniĂšre que les autres espĂšces. Nous opĂ©rons dans de vastes rĂ©seaux d’individus sans lien de parentĂ©, nous traitant les uns les autres comme les autres. Tout comme l’information gĂ©nĂ©tique est transmise Ă  travers les gĂ©nĂ©rations de familles, les humains transmettent Ă©galement tout un ensemble d’informations culturelles Ă  travers les sociĂ©tĂ©s et les gĂ©nĂ©rations, notamment des connaissances, des comportements, des outils, des langues et des valeurs. GrĂące Ă  l’Ă©volution culturelle cumulative, nos sociĂ©tĂ©s composĂ©es d’individus coopĂ©ratifs et interconnectĂ©s travaillent collectivement et bĂ©nĂ©ficient d’une grande efficacitĂ© dans la maniĂšre dont ils exploitent l’Ă©nergie et les ressources.

Via Nautilus

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.