đŸ‡łđŸ‡± đŸ© Amsterdam adoptera le modĂšle du « beignet » pour rĂ©parer l’Ă©conomie post-coronavirus

« Le monde subit une sĂ©rie de chocs et d’effets de surprise qui nous permettent de passer de l’idĂ©e de croissance Ă  celle de « prospĂ©rité », dĂ©clare M. Raworth. « ProspĂ©rer signifie que notre bien-ĂȘtre est en Ă©quilibre. Nous le savons si bien au niveau de notre corps. C’est le moment oĂč nous allons relier la santĂ© du corps Ă  la santĂ© de la planĂšte ».

Tout en s’efforçant d’assurer la sĂ©curitĂ© des citoyens dans la capitale nĂ©erlandaise, les fonctionnaires municipaux et l’Ă©conomiste britannique Kate Raworth (encore une femme !!!) de l’Institut du changement environnemental de l’UniversitĂ© d’Oxford ont Ă©galement tracĂ© la voie de la reconstruction de la ville dans un monde post-Covid-19.

La conclusion ? L’attachement mondial Ă  la croissance Ă©conomique et aux lois de l’offre et de la demande, ainsi que le modĂšle dit du beignet conçu par Raworth comme un guide de ce que signifie pour les pays, les villes et les personnes de prospĂ©rer en Ă©quilibre avec la planĂšte.

Le livre Ă  succĂšs de Raworth, Doughnut Economics, sortira en 2017 : Seven Ways to Think Like a 21st-Century Economist, a fait le bonheur de personnes allant de l’ancien secrĂ©taire de Brexit, David Davis, au chroniqueur du Guardian, George Monbiot, qui le dĂ©crit comme une « alternative rĂ©volutionnaire Ă  l’Ă©conomie de la croissance ».

  • L’anneau intĂ©rieur de son beignet indique le minimum dont nous avons besoin pour mener une bonne vie, dĂ©rivĂ© des objectifs de dĂ©veloppement durable des Nations unies et approuvĂ© par les dirigeants mondiaux de toutes tendances politiques. Cela va de la nourriture et de l’eau potable Ă  un certain niveau de logement, d’assainissement, d’Ă©nergie, d’Ă©ducation, de soins de santĂ©, d’Ă©galitĂ© des sexes, de revenus et de reprĂ©sentation politique. Toute personne n’atteignant pas ces normes minimales vit dans le trou du beignet.

  • L’anneau extĂ©rieur du beignet, oĂč vont les pĂ©pites, reprĂ©sente le plafond Ă©cologique Ă©tabli par les scientifiques du systĂšme terrestre. Il met en Ă©vidence les limites que l’humanitĂ© ne devrait pas franchir pour Ă©viter de nuire au climat, aux sols, aux ocĂ©ans, Ă  la couche d’ozone, Ă  l’eau douce et Ă  l’abondante biodiversitĂ©.
  • Entre les deux anneaux, il y a le bon : la pĂąte, oĂč les besoins de chacun et ceux de la planĂšte sont satisfaits.

Mercredi, le modĂšle sera officiellement adoptĂ© par la municipalitĂ© d’Amsterdam comme point de dĂ©part des dĂ©cisions de politique publique, la premiĂšre ville au monde Ă  prendre un tel engagement.

« Je pense qu’il peut nous aider Ă  surmonter les effets de la crise », a dĂ©clarĂ© l’adjointe au maire d’Amsterdam, Marieke van Doorninck, qui a rejoint Raworth dans une interview avec le Guardian via Skype avant le lancement. « Il peut sembler Ă©trange que nous parlions de la pĂ©riode qui suit, mais en tant que gouvernement, nous devons … C’est pour nous aider Ă  ne pas nous rabattre sur des mĂ©canismes faciles ».

« Quand soudain nous devons nous prĂ©occuper du climat, de la santĂ©, de l’emploi, du logement, des soins et des communautĂ©s, existe-t-il un cadre qui puisse nous aider dans tout cela ? dit Raworth. « Oui, il y en a un, et il est prĂȘt Ă  partir. »

Le principe de base est simple : l’objectif de l’activitĂ© Ă©conomique devrait ĂȘtre de rĂ©pondre aux besoins fondamentaux de tous, sauf ceux de la planĂšte. Le « beignet » est un moyen de montrer ce que cela signifie en pratique.

Raworth a rĂ©duit la maquette pour fournir Ă  Amsterdam un « portrait de la ville » montrant oĂč les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits et oĂč les « frontiĂšres planĂ©taires » sont dĂ©passĂ©es. Il montre comment les problĂšmes sont liĂ©s entre eux.

« Ce n’est pas seulement une façon hippie de voir le monde », dit Van Doorninck, citant la crise du logement comme exemple.

Les besoins des résidents en matiÚre de logement sont de moins en moins satisfaits : prÚs de 20 % des locataires des villes sont incapables de couvrir leurs besoins de base aprÚs avoir payé leur loyer, et seuls 12 % des quelque 60 000 candidats en ligne à un logement social sont retenus.

Une solution pourrait consister Ă  construire davantage de logements, mais le beignet d’Amsterdam souligne que les Ă©missions de dioxyde de carbone de la rĂ©gion sont supĂ©rieures de 31 % aux niveaux de 1990. Les importations de matĂ©riaux de construction, d’aliments et de produits de consommation provenant de l’extĂ©rieur des limites de la ville contribuent Ă  62 % de ces Ă©missions totales.

Selon M. Van Doorninck, la ville prĂ©voit de rĂ©glementer pour s’assurer que les constructeurs utilisent des matĂ©riaux qui sont aussi souvent que possible recyclĂ©s et Ă  base de produits biologiques, comme le bois. Mais l’approche du beignet encourage Ă©galement les dĂ©cideurs politiques Ă  lever les yeux vers l’horizon.

« Le fait que les maisons soient trop chĂšres n’est pas seulement dĂ» au fait qu’il y en a trop peu qui sont construites. Il y a beaucoup de capitaux qui circulent dans le monde entier pour trouver un investissement, et actuellement l’immobilier est considĂ©rĂ© comme le meilleur moyen d’investir, ce qui fait monter les prix », dit-elle.

« Le beignet ne nous apporte pas les rĂ©ponses, mais une façon de voir les choses, pour que nous ne continuions pas dans les mĂȘmes structures qu’auparavant ».

Le port d’Amsterdam est le plus grand importateur mondial de fĂšves de cacao, principalement en provenance d’Afrique occidentale, oĂč la main-d’Ɠuvre est souvent trĂšs exploitĂ©e.

En tant qu’entreprise privĂ©e indĂ©pendante, elle pourrait rejeter ces produits et en subir les consĂ©quences Ă©conomiques, mais dans le mĂȘme temps, prĂšs d’1 mĂ©nage sur 5 Ă  Amsterdam a droit Ă  des prestations sociales en raison de ses faibles revenus et de son Ă©pargne.

Mme Van Doorninck indique que le port Ă©tudie la maniĂšre dont il se dĂ©fait de sa dĂ©pendance aux combustibles fossiles dans le cadre de la nouvelle vision de la ville, et elle s’attend Ă  ce que cela Ă©volue naturellement vers un dĂ©bat plus large sur d’autres dilemmes pressants mis en avant par le modĂšle du beignet.

« Cela donne de l’espace pour discuter de la question de savoir si vous voulez ĂȘtre le lieu de stockage des produits issus du travail des enfants ou d’autres formes d’exploitation du travail », dit-elle.

Via The Guardian

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