💡 Notre monde en mutation : Six scĂ©narios pour le monde post-pandĂ©mique

Comme Ă©voquĂ© hier, il est compliquĂ©, voire impossible de prĂ©dire l’avenir ou les tendances en pĂ©riode de crise inĂ©dite, mais l’exercice est obligatoire pour la sortie du confinement et la vie qui nous attend.

Voici la deuxiĂšme partie d’un essai en deux parties Ă©crit par David Galbraith, membre d’Exponential View.

Dans la premiÚre partie, David explore les raisons pour lesquelles la pandémie va accélérer les changements déjà en cours. Ici, il présentera comment il voit les six segments de notre monde changer à la suite de la pandémie.

Les scénarios post-coronavirus basés sur les changements de flux

Interactions sociales et scénarios de communication

La plupart des changements de comportement social intervenus au cours de la derniĂšre dĂ©cennie peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s sous l’angle de la contre-rĂ©action Ă  l’augmentation de la connectivitĂ© virtuelle via Internet et de la connectivitĂ© physique due Ă  la mondialisation. Sur le plan virtuel, la vision utopique initiale d’Internet a fait place Ă  des attaques de sĂ©curitĂ© telles que Stuxnet, une cyber-arme que l’on pense responsable des dommages causĂ©s au programme d’armement nuclĂ©aire de l’Iran et dont on a dĂ©couvert par la suite qu’elle avait infectĂ© de nombreux systĂšmes de contrĂŽle industriel. Nous avons Ă©galement vu des pirates informatiques parrainĂ©s par l’État et des sociĂ©tĂ©s d’analyse de donnĂ©es manipuler l’opinion en ligne et influencer les Ă©lections. Tout comme les flux d’information ont changĂ© suite Ă  l’invention de la presse Ă  imprimer, provoquant des consĂ©quences sociales nĂ©gatives (augmentation de l’antisĂ©mitisme, par exemple) jusqu’Ă  l’installation dans les nouvelles configurations, nous voyons les flux d’information modifiĂ©s suite Ă  Internet propager plus facilement des mensonges et des conspirations.

Les modĂšles de rĂ©seau montrent que cela est inĂ©vitable, du moins jusqu’Ă  ce que les flux d’information s’installent dans de petites configurations mondiales oĂč les idĂ©es doivent ĂȘtre transmises de maniĂšre rĂ©pĂ©tĂ©e pour se propager. C’est un exemple de la façon dont les systĂšmes doivent ĂȘtre rĂ©glĂ©s entre le signal et le bruit, car un rĂ©seau d’information avec plus de friction ou de bruit (Claude Shannon l’a prouvĂ©, la transmission rĂ©pĂ©tĂ©e permet de surmonter le bruit) aide Ă  projeter la vĂ©ritĂ©. La consĂ©quence de tout ce prĂ©-Coronavirus a Ă©tĂ© que le dĂ©bat sur la vie privĂ©e par rapport Ă  l’ouverture s’est orientĂ© vers la vie privĂ©e, les gens s’inquiĂ©tant de plus en plus du fait que les rĂ©seaux Ă©taient remplis de mauvais acteurs et d’informations inexactes.

Paradoxalement, alors que nous voyons maintenant les inconvĂ©nients d’un monde physiquement connectĂ©, le succĂšs de la lutte contre la pandĂ©mie, jusqu’Ă  prĂ©sent, dans les pays autocratiques de l’Est avec un contrĂŽle Ă©tatique plus important et l’empiĂštement inĂ©vitable sur la « liberté » personnelle, alors que les rĂ©sultats du groupe l’emportent sur les rĂ©sultats individuels, signifie que la protection des donnĂ©es personnelles n’est peut-ĂȘtre plus une option.

En termes de types de prĂ©fĂ©rences d’interaction en ligne ou hors ligne, si les mesures de distanciation sociale deviennent une caractĂ©ristique semi-permanente, alors nous assisterons Ă  un effet d’haltĂšre. L’expĂ©rience en ligne deviendra plus en temps rĂ©el et moins asynchrone. Nous le constatons avec la croissance des services de streaming en temps rĂ©el tels que House Party, les jeux collaboratifs ou le streaming en temps rĂ©el qui dĂ©passent les rĂ©seaux sociaux, et les bibliothĂšques de streaming telles que Netflix. Cela Ă©tant dit, alors que Zoom (en temps rĂ©el) a pris de l’ampleur pour avoir une valeur qui dĂ©passe celle de toutes les grandes compagnies aĂ©riennes amĂ©ricaines, Netflix (asynchrone) vaut dĂ©sormais plus qu’Exxon Mobil. Les deux ont donc beaucoup de valeur.

Pour le hors ligne, les expĂ©riences en personne pourraient devenir de plus en plus importantes. Par exemple, Ă  mesure que les employĂ©s et les employeurs se sentiront plus Ă  l’aise de travailler Ă  domicile, il y aura peu d’intĂ©rĂȘt Ă  travailler dans un box au bureau plutĂŽt que de l’utiliser pour des rĂ©unions en personne.

Scénarios de modÚles commerciaux et organisationnels

Partant de l’hypothĂšse que les changements dĂ©jĂ  en cours Ă©taient Ă©quivalents au passage de l’agriculture Ă  l’industrie, et pas seulement Ă  une phase diffĂ©rente de la rĂ©volution industrielle, le changement prĂ©cĂ©dent a donnĂ© naissance Ă  des types fondamentalement nouveaux d’entitĂ©s commerciales et de marchĂ©s, les foires commerciales et les guildes mĂ©diĂ©vales ayant Ă©tĂ© remplacĂ©es par les marchĂ©s de capitaux et les sociĂ©tĂ©s par actions des temps modernes, respectivement.

Le fait que ces changements rĂ©sultent de la double Ă©volution des flux de capitaux depuis la dĂ©couverte du Nouveau Monde et des flux d’information depuis l’invention de la presse Ă  imprimer est confirmĂ© par le fait que les villes commerciales qui Ă©taient toutes deux proches de Mayence, oĂč les presses Ă  imprimer ont Ă©tĂ© installĂ©es pour la premiĂšre fois et reliĂ©es Ă  l’Atlantique, ont remplacĂ© les guildes par des sociĂ©tĂ©s plus tĂŽt. LĂŒbeck et Hambourg ne sont distantes que de 50 km, mais Hambourg, avec son commerce atlantique, a remplacĂ© les guildes, alors que LĂŒbeck, qui se trouvait sur la Baltique, ne l’a pas fait. De mĂȘme, SĂ©ville, qui est reliĂ©e Ă  l’Atlantique en tant que port intĂ©rieur, Ă©tait plus Ă©loignĂ©e de Mayence, et n’a donc pas remplacĂ© ses guildes plus tĂŽt.

Si des changements similaires dans les flux d’information et d’Ă©changes commerciaux se traduisent aujourd’hui par de nouveaux types d’organisations remplaçant les sociĂ©tĂ©s et les marchĂ©s de capitaux actuels, il est probable qu’il s’agira de structures plus adaptĂ©es aux rĂ©seaux. L’une des caractĂ©ristiques de cette Ă©volution est que les gens appartiendront Ă  plusieurs organisations et entitĂ©s au fil du temps et Ă  tout moment, avec l’Ă©quivalent d’une participation dans chacune d’entre elles, et qu’ils pourront Ă©ventuellement en tirer des flux de rentes en tant que travailleur ou membre, en partageant des donnĂ©es. Comme l’a montrĂ© la pandĂ©mie, ces organisations et ces Ă©cosystĂšmes commerciaux devront Ă©galement ĂȘtre capables de rĂ©sister aux contre-rĂ©actions des rĂ©seaux, telles que la dĂ©sinformation et les mauvais acteurs dans les rĂ©seaux d’information et les perturbations causĂ©es par des actions politiques dĂ©libĂ©rĂ©es, et la maladie dans les rĂ©seaux physiques. Pour cela, il faudra respectivement de nouveaux systĂšmes de gouvernance et d’assurance de la chaĂźne d’approvisionnement.

ScĂ©narios relatifs aux infrastructures et Ă  l’immobilier

Avant que la pandĂ©mie ne frappe, la demande d’espace de vente au dĂ©tail Ă©tait dĂ©jĂ  en baisse. Il est clair que cette tendance va s’accĂ©lĂ©rer avec la rĂ©duction du nombre de petits dĂ©taillants et de restaurants, et l’augmentation du commerce Ă©lectronique et des services de livraison. Le travail Ă  domicile rĂ©vĂ©lera un besoin moindre d’espace de bureau, de sorte que les prix de l’immobilier commercial et de dĂ©tail diminueront en Europe et aux États-Unis. Pour le rĂ©sidentiel, l’histoire est plus compliquĂ©e et bien que nous ne connaissions pas le rĂ©sultat, nous connaissons certains des paramĂštres qui seront en jeu : d’une part, comme les taux d’intĂ©rĂȘt sont maintenus bas et que la mĂ©moire de 2008 est intacte, on pourrait considĂ©rer qu’une baisse Ă  court terme tend Ă  augmenter ; mais si l’inflation se dĂ©clenche et que les taux d’intĂ©rĂȘt finissent par augmenter, alors il pourrait y avoir une baisse importante. Le passage soudain de Airbnb au parc locatif dans les grandes villes peut avoir un impact sur les loyers (comme cela semble probable Ă  Londres et Dublin oĂč il a augmentĂ© l’offre) mais il est peu probable que cela crĂ©e un risque systĂ©mique pour les prix de l’immobilier rĂ©sidentiel. Avec le temps, il est probable que les mesures de relance devront se rĂ©percuter sur des bilans plus petits et qu’elles ne provoqueront pas d’inflation des actifs Ă  long terme comme ce fut le cas aprĂšs 2008, auquel cas il pourrait y avoir une correction majeure des actifs surgonflĂ©s. Plus gĂ©nĂ©ralement, il pourrait y avoir un rĂ©trĂ©cissement de l’Ă©cart de prix entre les propriĂ©tĂ©s rĂ©sidentielles rurales attrayantes qui ne sont normalement pas desservies (disons deux heures) en dehors des grandes villes, car les gens travaillent Ă  domicile une partie du temps et les villes gagnent en notoriĂ©tĂ© en tant que lieux d’Ă©pidĂ©mies pĂ©riodiques.

En ce qui concerne les infrastructures et la mobilitĂ©, la tendance prĂ©-pandĂ©mique Ă©tait Ă  l’amĂ©lioration des infrastructures (par exemple, le partage de vĂ©los sans quai par rapport au partage de vĂ©los avec quai), l’accent Ă©tant mis sur la rĂ©duction du nombre de voitures dans les villes, les vĂ©hicules Ă©lectriques et Ă  moteur Ă©tant les plus rĂ©pandus.

AprĂšs la pandĂ©mie, il y a plusieurs implications potentielles sur les infrastructures si nous voyons les effets se faire sentir Ă  long terme. La premiĂšre est que les transports publics surchargĂ©s deviendront beaucoup moins dĂ©sirables et que nous pourrions assister Ă  une forte augmentation du nombre de voitures dans les villes, en grande partie grĂące aux services de covoiturage, car les changements apportĂ©s aux transports publics prendraient des dĂ©cennies. Nous pourrions Ă©galement assister Ă  une convergence du modĂšle de covoiturage avec les transports publics vers un modĂšle oĂč des vĂ©hicules beaucoup plus petits transporteront quelques personnes, point Ă  point plutĂŽt que des trains ou de grands bus et trams.

Comme la friction du transport aĂ©rien est susceptible d’augmenter encore plus qu’aprĂšs le 11 septembre, il est possible d’envisager des alternatives. Des voies rĂ©servĂ©es Ă  la conduite autonome Ă  grande vitesse entre les villes, comme celles qui ont Ă©tĂ© testĂ©es en dehors de PĂ©kin, permettent des dĂ©placements point Ă  point plus rapides que les vols courts, pour une fraction du coĂ»t d’infrastructure du train Ă  grande vitesse et en utilisant une technologie de vĂ©hicule autonome Ă  court terme (niveau 4) plutĂŽt qu’une technologie totalement autonome, le niveau 5, qui semble ĂȘtre encore loin.

En ce qui concerne les infrastructures de services, une tendance majeure dans des domaines tels que les soins de santĂ© pourrait ĂȘtre la dĂ©centralisation, oĂč rassembler des personnes vulnĂ©rables et malades dans un seul hĂŽpital, criblĂ© de bactĂ©ries rĂ©sistantes aux antibiotiques, pourrait ĂȘtre une mauvaise idĂ©e. Le mĂ©lange de patients ayant de graves besoins en soins intensifs avec des personnes ayant subi des interventions non urgentes peut Ă©galement conduire Ă  une sĂ©paration en diffĂ©rents prestataires et toute une sĂ©rie de visites chez les mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes peut ĂȘtre remplacĂ©e par des services de tĂ©lĂ©mĂ©decine en ligne.

ScĂ©narios de modĂšles d’investissement

Le capital-risque est un petit secteur du capital-investissement qui, Ă  son tour, est un petit secteur d’autres types d’investissement. Il s’agit d’une classe d’actifs minuscule dont les rendements ne sont souvent pas spectaculaires, mais qui a nĂ©anmoins permis de crĂ©er un grand nombre des plus grandes entreprises du monde. Il s’agit d’un moyen relativement nouveau et potentiellement efficace de stimuler l’innovation dans le cadre d’un nouveau « New Deal », post-coronavirus. D’une certaine maniĂšre, cela s’inscrirait dans le prolongement d’une tendance oĂč les engagements des fonds souverains en faveur du capital-risque ont doublĂ© chaque annĂ©e, plus de 70 % d’entre eux participant dĂ©sormais directement Ă  des opĂ©rations de capital-risque.

Mais il y a un problĂšme. Alors que le capital-risque a alignĂ© les incitations entre les investisseurs et les entrepreneurs en partageant les bĂ©nĂ©fices des rendements non plafonnĂ©s des capitaux propres plutĂŽt que de la dette, il ne fonctionne que pour les entreprises qui ont une sorte de sortie par acquisition ou par cotation en bourse. Nombre des entreprises qui sont aujourd’hui les plus en difficultĂ© sont des petites entreprises, comme les producteurs artisanaux de haute qualitĂ© qui peuvent nĂ©anmoins devenir de grandes marques (investissement en capital-investissement dans la sociĂ©tĂ© artisanale de biĂšre, Brewdog a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e Ă  plus d’un milliard de dollars) qui ne peuvent pas prendre de risques pour innover ou se dĂ©velopper sur la base de prĂȘts bancaires qui recherchent des rendements fiables et qui, de mĂȘme, ne cherchent souvent pas Ă  sortir ou ne sont pas susceptibles de le faire. Pour investir dans ces entreprises durables, il faudrait peut-ĂȘtre innover sur le modĂšle du capital-risque afin de permettre des rendements sous la forme d’un pourcentage variable des revenus futurs au-dessus d’un seuil (un dividende variable), plutĂŽt que de chercher des sorties.

Scénarios politiques et économiques

La droite et la gauche traditionnelles sont des reliques largement obsolĂštes de l’Ăšre industrielle, basĂ©es sur la reprĂ©sentation des intĂ©rĂȘts du capital contre le travail et un pacte social basĂ© sur la nĂ©gociation collective par les travailleurs. La classe moyenne amĂ©ricaine s’est construite non pas sur la nĂ©gociation collective, mais sur un modĂšle illustrĂ© par Ford : celui des incitations alignĂ©es entre travailleurs et producteurs qui ne pouvaient trouver qu’un grand nombre de consommateurs qui produisaient en masse les produits nĂ©cessaires en payant suffisamment leurs travailleurs.

Aujourd’hui, l’absence de coĂ»ts marginaux de production pour des produits tels que les logiciels et l’attention saturĂ©e crĂ©Ă©e par l’omniprĂ©sence des smartphones et de l’accĂšs Ă  Internet ont complĂštement modifiĂ© les fondamentaux Ă©conomiques, l’offre Ă©tant limitĂ©e par la demande pour la premiĂšre fois dans l’histoire. Étant donnĂ© que les produits Ă  faible coĂ»t marginal de l’Ăšre numĂ©rique favorisent une production de masse encore plus importante que ceux de l’Ăšre industrielle et qu’ils sont tous en concurrence pour attirer l’attention des utilisateurs, cela devrait, en thĂ©orie, faire pencher la balance en faveur des travailleurs. Le problĂšme, cependant, est que mĂȘme en l’absence de mondialisation et de travailleurs Ă  bas prix, les niveaux d’automatisation plus Ă©levĂ©s grĂące aux outils intelligents et Ă  la robotique signifient que ceux qui possĂšdent la main-d’Ɠuvre possĂšdent Ă©galement les moyens de production, laissant potentiellement les masses sans travail et sans rien d’autre Ă  exploiter qu’elles-mĂȘmes et les donnĂ©es les concernant. L’idĂ©e que les donnĂ©es personnelles ont de la valeur est devenue plus aiguĂ«, car les gens ont rĂ©alisĂ© que si un service est gratuit, alors « vous ĂȘtes le produit », comme c’est le cas pour de nombreux modĂšles commerciaux axĂ©s sur la publicitĂ©, tels que Facebook et Google, qui reposent sur l’agrĂ©gation de donnĂ©es personnelles. Il est probable qu’une partie de l’effet de levier d’un futur pacte social provienne d’emplois qui exigent une proximitĂ© sociale, comme les soignants et les livreurs qui sont soudainement devenus beaucoup plus prĂ©cieux et critiques, pendant la pĂ©riode de confinement de la pandĂ©mie, et que leurs salaires pourraient augmenter.

Sur le plan Ă©conomique, alors que l’inflation est sans doute prĂ©sente depuis le dĂ©but (nous ne l’avons tout simplement pas mesurĂ©e correctement), nous assisterons probablement Ă  un retour de l’inflation, ou plutĂŽt Ă  une stagflation, et Ă  un abandon des politiques monĂ©taristes au profit de politiques budgĂ©taires. Il y aura des nationalisations et des nationalisations partielles de facto par le biais de renflouements et le rĂŽle de l’État s’Ă©largira et les impĂŽts augmenteront, crĂ©ant peut-ĂȘtre une pĂ©riode qui ressemble beaucoup plus aux annĂ©es 1970, tant en Europe qu’aux États-Unis.

Comme la santĂ© des autres est, en toute transparence, une question de santĂ©, les soins de santĂ© cessent d’ĂȘtre un jeu Ă  somme nulle et le modĂšle libertaire s’effondre. À sa place, l’alternative Ă  un État hiĂ©rarchique de type industriel est beaucoup plus fractale et dĂ©centralisĂ©e et tente de prĂ©server un Ă©quilibre entre les grandes et les petites entitĂ©s publiques et privĂ©es pour permettre de rĂ©compenser l’innovation et l’assiduitĂ© tout en protĂ©geant les personnes dĂ©favorisĂ©es et malheureuses. En d’autres termes, un systĂšme politique modĂ©rĂ© et centriste basĂ© sur des systĂšmes adaptĂ©s et Ă©quilibrĂ©s.

Scénarios géopolitiques

Pendant la plus grande partie de l’histoire, le PIB Ă©tait fonction de la population, et pendant dix-huit des vingt derniers siĂšcles, la Chine et l’Inde ont constituĂ© la plus grande partie de la production de richesse mondiale. C’est la rĂ©volution industrielle et l’utilisation de machines pour augmenter la production, indĂ©pendamment de la population, qui ont permis Ă  l’Europe, puis aux États-Unis, de devenir dominants.

La rĂ©Ă©mergence Ă©conomique de la Chine suggĂšre qu’il est possible que l’hĂ©gĂ©monie occidentale n’ait Ă©tĂ© qu’un coup d’Ă©clat et que le centre de gravitĂ© mondial se dĂ©place gĂ©opolitiquement vers l’Est Ă  nouveau.Entre-temps, les effets de la mondialisation et de la communication numĂ©rique ont fait que les grandes villes occidentales reliĂ©es entre elles au niveau mondial, comme Londres ou New York, Ă©taient moins dĂ©pendantes de leur arriĂšre-pays au sein d’un mĂȘme pays, qui Ă©tait devenu une rust belt – ceinture de rouille – du dĂ©clin de l’Ăšre post-industrielle. Cela a crĂ©Ă© un nouveau glissement de la gauche et de la droite traditionnelles vers une identitĂ© basĂ©e sur un nationalisme renaissant en dehors des villes et des identitĂ©s plus diverses basĂ©es sur des sous-traits, Ă  l’intĂ©rieur. Cela a Ă©galement conduit Ă  l’idĂ©e qu’il y aurait un retour Ă  la ville-État. La rĂ©surgence potentielle des villes-États diminue en raison de la pandĂ©mie, Ă  moins qu’elles n’aient un vĂ©ritable statut souverain comme Singapour.

Les effets de la pandĂ©mie vont probablement cimenter la contre-rĂ©action Ă  la mondialisation, car il y a inĂ©vitablement plus de frictions entre les frontiĂšres et le rĂŽle de l’État s’accroĂźt naturellement par le biais de la nationalisation de fait, de la stimulation et de la fourniture de soins de santĂ© ; la gauche devra passer Ă  un modĂšle plus large d’identitĂ© unifiĂ©e et diversifiĂ©e pour empĂȘcher le balayage du nationalisme de droite, tandis que la droite devra adopter de grandes mesures sociales Ă©tatiques telles que le systĂšme de santĂ© universel aux États-Unis, comme elle l’a fait dans les annĂ©es 1930, aprĂšs la Grande DĂ©pression.

Via David Galbraith, @daveg

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