La pandémie a fait exploser la dette publique dans le monde entier

Mais on ne sait pas très bien quel effet cela aura sur la croissance économique, affirme The Economist.

Les niveaux élevés de la dette publique réduisent-ils la croissance économique ? De nombreux économistes se sont posé cette question après la crise financière de 2007-2009, lorsque les plans de sauvetage des banques et les programmes de relance budgétaire ont fait exploser les ratios de la dette au PIB dans les pays développés. En 2010, deux économistes de Harvard, Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, ont apporté une réponse accrocheuse. En prenant des données pour 44 pays sur deux siècles, ils ont constaté que la croissance économique diminue de moitié environ lorsque la dette publique dépasse 90 % du PIB. Leurs résultats ont été cités par les ministres des finances de plusieurs pays pour justifier les politiques d’austérité après 2010, mais il s’est avéré qu’ils avaient ensuite été modérément gonflés par une erreur (désormais tristement célèbre) de tableur. Mme Reinhart et M. Rogoff sont restés sur leur position selon laquelle une dette élevée réduit la croissance. Une décennie après la crise financière, avec des niveaux de dette par rapport au PIB qui augmentent à nouveau rapidement en raison de la pandémie de covid-19, l’impact de la dette sur la croissance devrait-il être à nouveau une préoccupation ?

De nombreux historiens suggèrent que les décideurs politiques ne devraient pas trop s’inquiéter des niveaux élevés de la dette dans certaines économies avancées. Le ratio dette/PIB de la Grande-Bretagne, par exemple, devrait passer de 84 % en mars dernier à plus de 100 % cette année. C’est un niveau élevé selon les normes modernes, mais pas sans précédent. À la fin des guerres napoléoniennes, en 1815, la dette nationale de la Grande-Bretagne représentait près de 200 % de son PIB ; elle est tombée à 25 % en 1914. Après la Seconde Guerre mondiale, elle a atteint 259 % et celle de l’Amérique 112 %. Après de brèves récessions d’après-guerre, alors que la production d’armements a chuté, les deux pays ont connu des périodes de forte croissance. Ils ont également réussi à réduire le poids de leur dette au fil du temps. Le ratio de la dette américaine au PIB est tombé à 31 % au début des années 1980. Celui de la Grande-Bretagne est tombé à environ 25 % en 1990.

Cela rejoint les recherches du FMI qui suggèrent qu’à long terme, c’est l’orientation du ratio dette/PIB, plutôt que son niveau, qui importe le plus pour la croissance. Les auteurs d’un document publié en 2014 ont constaté, comme Mme Reinhart et M. Rogoff, que la croissance du PIB par personne est plus lente dans les pays où le ratio dette/PIB est supérieur à 90 % – si l’on examine les données année par année. Toutefois, si l’on examine les niveaux moyens de la dette sur des périodes de 15 ans, il est moins évident que les pays dont la dette est supérieure à 90 % du PIB connaissent une croissance plus lente. Même les pays dont le ratio d’endettement est supérieur à 200 %, comme la Grande-Bretagne d’après-guerre, ont connu une croissance solide à moyen terme.

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L’intégralité de l’article sur The Economist.

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