La France utilise l’IA pour vérifier si les gens portent des masques dans les transports publics

La technologie ne sera pas utilisée pour identifier et punir des individus rapporte James Vincent pour The Verge.

Le taux de mortalité dû aux coronavirus en France continue de ralentir mais le pays reste sous contrôle.

La France a rendu le port du masque obligatoire dans les transports publics.

La France intègre de nouveaux outils d’IA dans les caméras de sécurité du métro parisien pour vérifier si les passagers portent des masques faciaux.

Le logiciel, qui a déjà été déployé ailleurs dans le pays, a commencé cette semaine un essai de trois mois dans la station centrale de Châtelet-Les Halles de Paris, rapporte Bloomberg. La start-up française DatakaLab, qui a créé le programme, affirme que l’objectif n’est pas d’identifier ou de punir les personnes qui ne portent pas de masque, mais de générer des données statistiques anonymes qui aideront les autorités à anticiper les futures épidémies de COVID-19.

« Nous ne faisons que mesurer ce seul objectif », a déclaré le PDG de DatakaLab, Xavier Fischer, à The Verge. « L’objectif est simplement de publier des statistiques sur le nombre de personnes qui portent un masque chaque jour ».

Ce projet pilote fait partie d’un certain nombre de mesures que les villes du monde entier mettent en place pour faciliter les mesures de confinement et permettre aux gens de retourner au travail. Bien que la France, comme les États-Unis, ait initialement découragé les citoyens de porter des masques, le pays les a maintenant rendus obligatoires dans les transports publics. Elle envisage même d’introduire des amendes de 135 euros pour toute personne ne portant pas de masque dans le métro, les trains, les bus ou les taxis.

Exemple de données statistiques générées par le logiciel DatakaLab. Capture d’écran : DatakaLab

L’introduction de logiciels d’IA pour surveiller et éventuellement appliquer ces mesures sera suivie de près. La diffusion en Chine de logiciels de surveillance et de reconnaissance faciale alimentés par l’IA a inquiété de nombreux défenseurs de la vie privée en Occident, mais la pandémie est une menace immédiate que les gouvernements pourraient considérer comme prioritaire par rapport aux dangers pour la vie privée des individus.

DatakaLab insiste toutefois sur le fait que ses logiciels sont respectueux de la vie privée et conformes au règlement général sur la protection des données de l’UE. L’entreprise vend depuis plusieurs années des outils d’analyse vidéo basés sur l’intelligence artificielle, qui permettent aux magasins et aux centres commerciaux de générer des données sur les caractéristiques démographiques de leurs clients. « Nous ne vendons jamais à des fins de sécurité », déclare M. Fischer. « Et c’est une condition de tous nos contrats de vente : vous ne pouvez pas utiliser ces données à des fins de surveillance ».

Le logiciel est suffisamment léger pour fonctionner sur place, quel que soit l’endroit où il est installé, ce qui signifie qu’aucune donnée n’est jamais envoyée dans le cloud ou dans les bureaux du DatakaLab. Au lieu de cela, le logiciel génère des statistiques sur le nombre d’individus vus portant des masques dans des intervalles de 15 minutes.

L’entreprise a déjà intégré le logiciel dans les bus de la ville française de Cannes, dans le sud du pays. Elle a ajouté de petites unités centrales aux caméras de surveillance installées dans les bus, qui traitent la vidéo en temps réel. Lorsque le bus retourne au dépôt la nuit, il se connecte en Wi-Fi et envoie les données aux autorités locales de transport. « Si nous disons, par exemple, que 74 % des gens portaient un masque à cet endroit, le maire comprendra alors où il faut acheminer davantage de ressources », explique M. Fischer.
« Une technologie comme celle du DatakaLab sera probablement courante à l’avenir »

Bien que des technologies comme celle du DatakaLab ne soient testées qu’en ce moment, il est probable qu’elles deviendront un élément de base de la vie urbaine dans un avenir proche. Alors que les pays commencent à mettre en balance les dommages économiques d’un confinement et les pertes de vie causées par l’augmentation des infections COVID-19, une pression accrue sera exercée sur les mesures d’atténuation comme les masques obligatoires. Dans les pays occidentaux où le port du masque est moins connu, des logiciels comme ceux de DatakaLab peuvent aider les autorités à comprendre si leurs messages convainquent le public.

Selon M. Fischer, si la pandémie a certainement créé de nouveaux cas d’utilisation de l’IA, cela ne signifie pas que des pays comme la France doivent abandonner leurs valeurs de respect de la vie privée et adopter des logiciels de surveillance invasive. « Nous respectons les règles de l’Europe », déclare M. Fischer. « Cette technologie est très utile mais peut être très dangereuse… Mais nous avons nos valeurs et elles font partie de notre entreprise ».

Via The Verge

Tout cela relève d’une forme de surveillance quoi qu’on en dise. Certes il ne s’agit pas à proprement parler d’une technologie de dénonciation, même si la limite semble pouvoir être franchie si celle-ci venait à se généraliser.

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