Voyage d’Hermès : un chef-d’œuvre de Mœbius

Si vous avez suivi le blog et la page Facebook de Sci-Fi-O-Rama, vous avez remarqué leur amour indéfectible pour le grand Mœbius (Jean Giraud, 1938-2012). Avec une carrière qui s’est étendue sur six décennies, Mœbius a été remarquablement prolifique. Son imagination fertile englobait tout, des westerns grinçants au psychédélisme hallucinant, et il a produit des œuvres influentes dans les domaines de la bande dessinée, du cinéma, de l’illustration et des beaux-arts. Un regard sur n’importe quelle phase de sa vie révélera quelque chose d’original, d’étonnant dans sa créativité, d’admirable dans son métier.

Cependant, en 2010 et à l’âge de 72 ans, le maître de la bande dessinée française de science-fiction a publié un folio de neuf planches qui pourrait être considéré comme le point culminant de toute sa carrière, Voyage d’Hermès, sous-titré « Les Mondes Élémentaires » : Un Voyage Imaginé et Dessiné par Moebius » ou « Les Mondes Élémentaires : un voyage imaginé et dessiné par Moebius ».

Commandité par la maison de couture française Hermès, le projet est un peu énigmatique. Alors que son nom l’associerait à l’un de leurs parfums emblématiques, l’œuvre n’a aucun rapport discernable avec le parfum ou la marque. Les images ont été ostensiblement produites pour une sorte de campagne de marketing, mais n’ont jamais été utilisées à cette fin. Un folio en édition limitée a été publié, relié avec un ruban de la marque Hermès, et la collaboration Mœbius/Hermès s’est tranquillement achevée.

Ce qu’Hermès (et le monde) a retiré de leur investissement, c’est Mœbius à l’état pur ; des lignes nettes et précises et une palette vibrante et électrique dès les premiers instants d’un trip à l’acide.

Les neuf planches racontent l’histoire d’un voyage merveilleux au cours duquel un oiseau aux couleurs de l’arc-en-ciel conduit un explorateur à travers de vastes et mystérieux paysages. Beaucoup des préoccupations visuelles de Mœbius ont été exprimées ici tout au long de sa vie : des déserts austères aux horizons illimités, la fusion de l’architecture et du relief, des machines volantes et des bêtes volantes, des cristaux et des sphères. Ces neuf images construisent un monde aussi beau et cohérent que tout ce que Mœbius a jamais créé.

Ces images ont atteint une sorte de célébrité sur Internet depuis sa mort et sont souvent utilisées comme exemples du style artistique magistral qu’il a utilisé tout au long de sa carrière. Une chose que l’on remarque rarement, cependant, c’est que ces images n’étaient pas typiques de son travail, mais constituaient plutôt une expérience audacieuse de fin de carrière. Moebius a réalisé l’ensemble du décor en numérique sur un Cintiq de Wacom, une technologie qu’il avait adoptée seulement quelques années auparavant, après une vie entière passée au papier et au crayon. Âgé et malade, Mœbius continuait d’expérimenter son métier et le Voyage d’Hermès atteignait de nouveaux sommets.

Pour une vision plus large de la carrière de Mœbius, consultez nos adieux au maître écrits en 2012.

Via Sci-Fi-O-Rama

 

 

 

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