Comment Google et Apple ont devancé les gouvernements dans la course à la création d’applications pour le coronavirus

Politico sur la façon dont Apple et Google ont fait basculer un tas d’autres projets de recherche de contacts COVID plus centralisés. Il y a une réelle tension entre la distance à laquelle Apple/Google prennent des décisions d’ingénierie et de plateforme ici et la distance à laquelle ils prennent des décisions de politique publique (telles que ne pas collecter de localisation).

La capacité de ces entreprises technologiques à obtenir ce qu’elles veulent, souvent avec le soutien de défenseurs locaux de la vie privée et de la sécurité, a soulevé des questions sur le rôle des grandes technologies dans la détermination de la réponse des gouvernements à la crise mondiale de la santé publique. Avec l’arrivée prochaine d’applications qui s’appuient sur les procédures de Google et d’Apple, et d’autres qui ne le font pas, la confusion va entraver la stratégie de l’Europe visant à coordonner sa réponse dans le bloc des 27 pays et ailleurs, car les différents outils numériques ne peuvent pas interagir entre eux.(…)

Au début du mois dernier, un groupe dirigé par l’Allemagne a mis au point une boîte à outils, élaborée avec 130 experts techniques de huit pays, pour créer des applications permettant de détecter des infections potentielles. Ce plan a permis de placer les données de chacun sur un serveur central et de donner aux épidémiologistes et aux décideurs politiques l’accès à certaines informations, afin d’analyser la manière dont le virus s’est répandu dans tout le pays.

En quelques jours, l’initiative s’est heurtée à un mur de briques. Google et Apple ont annoncé le 10 avril qu’ils avaient conclu un partenariat pour un logiciel qui permettrait aux applications soutenues par le gouvernement de tracer les infections potentielles, même si elles fonctionnent en arrière-plan sur les smartphones des citoyens. Cette approche repose sur des données qui restent, pour la plupart, sur les appareils des particuliers. Les deux sociétés ont refusé d’ouvrir leur technologie aux gouvernements qui préconisaient un stockage centralisé des données, une stratégie qu’elles considéraient comme vulnérable aux fouilles de l’État.

Les experts allemands en matière de protection de la vie privée et de sécurité sont rapidement passés à l’action. Dans le cadre de conversations souvent animées sur WhatsApp, certains ont débattu de l’opportunité d’apporter leur soutien à Apple et à Google. D’autres se sont demandé si les efforts de ces entreprises allaient consolider leur position déjà dominante sur le marché des smartphones. Mais fin avril, après des avertissements similaires de la part de chercheurs internationaux de plus de 25 pays, six organisations influentes de défense des libertés civiles ont envoyé une lettre ouverte au gouvernement allemand, critiquant le stockage des données des personnes en un seul endroit et avertissant que cela pourrait conduire à une surveillance gouvernementale massive.(…)

La France a avancé avec son application qui, de l’aveu même du gouvernement, ne fonctionnerait pas pleinement sur les appareils Apple et Google car elle s’éteindrait lorsque les smartphones seraient en mode veille. Ce serait un obstacle majeur à l’objectif premier de l’application, qui est de retracer toutes les rencontres potentielles avec des personnes infectées.(…)

Londres prévoit toujours de déployer son application à l’échelle nationale d’ici la fin mai et plus de 65 000 personnes l’ont téléchargée pendant la phase de test.(…)

« Les régulateurs de la vie privée les plus efficaces au monde actuellement sont Apple et Google », a déclaré Daragh O’Brien, un consultant en vie privée à Dublin qui a repoussé publiquement avec d’autres experts locaux les premiers efforts de l’Irlande pour créer une application centralisée. Le gouvernement a finalement opté pour l’approche de Google et d’Apple. « Nous dépendons d’un duopole de sociétés technologiques qui contrôlent le marché des systèmes d’exploitation ».

Via Politico

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