🇬🇧 đŸ‘» FantĂŽmes au musĂ©e

« Parfois, c’est une chute soudaine de la tempĂ©rature, comme les troublantes plaques d’air froid qui s’attardent Ă  cĂŽtĂ© du taureau ailĂ© Ă  tĂȘte humaine de Nimrud Ă  l’entrĂ©e des galeries assyriennes. Parfois, c’est le bruit des pas, ou de la musique, ou des pleurs, sans que l’on puisse en trouver la source Ă©vidente ».

« Le musĂ©e est l’attraction touristique la plus populaire de Grande-Bretagne, devant la Tate Modern et la National Gallery : plus de 6,2 millions de personnes l’ont visitĂ© en 2019, soit plus de 17 000 par jour. Sans ces visiteurs, l’effervescence incessante sous le toit en treillis de verre et d’acier de la Grande Cour s’Ă©vanouit en un murmure. Un silence Ă©pais remplit les galeries caverneuses qui l’entourent, chacune chargĂ©e d’artefacts qui englobent l’arc de l’histoire humaine.

Au moment oĂč l’Ă©quipe de nuit commence, la plupart des lumiĂšres du musĂ©e sont Ă©teintes. Le personnel de sĂ©curitĂ©, qui patrouille sur toute la longueur et la largeur du complexe de 14 acres jusqu’au petit matin, accomplit une grande partie de ses tĂąches Ă  la lumiĂšre des torches. En scrutant les lieux Ă  la recherche d’anomalies – fuites d’eau, odeur de gaz, un employĂ© coincĂ© dans un couloir isolĂ© – ils projettent leurs rayons dans les coins sombres, les ombres se fondant pour rĂ©vĂ©ler un buste romain en forme de guerre ou un masque aztĂšque aux yeux et aux dents brillants. Ils peuvent mĂȘme se confronter Ă  un ĂȘtre humain rĂ©el, comme le corps d’un ancien Egyptien, mort il y a 5 500 ans, blotti dans une reconstitution de sa tombe de sable.

MĂȘme sans visiteurs, le musĂ©e n’est jamais complĂštement silencieux. Le bĂątiment principal, qui date des annĂ©es 1820 et a Ă©tĂ© agrandi et reconfigurĂ© depuis, est animĂ© de craquements, comme c’est souvent le cas des vieux bĂątiments. L’air conditionnĂ© bourdonne. Les portes cliquettent. Des brises soudaines sifflent dans les coins et remontent les cages d’ascenseur. Les gardes de sĂ©curitĂ© se dĂ©placent dans les 94 piĂšces ouvertes au public, le long du dĂ©dale de bureaux et de couloirs, et dans le rĂ©seau d’entrepĂŽts souterrains. Ils sont au courant des bruits les plus intimes du bĂątiment : des grattements et des gĂ©missements, noyĂ©s pendant les heures d’ouverture, peuvent devenir dĂ©concertants la nuit.

Les gardiens sont habituĂ©s Ă  de telles perturbations. Mais de temps en temps, une patrouille est confrontĂ©e Ă  un bruit, un mouvement brusque ou simplement une secousse au creux de l’estomac, qui arrĂȘte mĂȘme les vĂ©tĂ©rans les plus endurcis. »

Lisez l’article fascinant de 1843magazine

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