La juste joie de trouver le bon facilitateur

Une autre excellente lecture du symposium. Cette fois-ci, Bryan Boyer considère les cartes, comment elles sont toutes incomplètes car elles simplifient et schématisent la réalité, n’incluant donc pas les choses que les cartographes ne cherchaient pas. Il examine Detroit, le redlining et les autoroutes, puis les cartes des territoires étrangers de la Russie soviétique et, bien sûr, la carte de Borges à la taille d’un pays. Mais l’aperçu utile lui vient lorsqu’il consulte ces nouvelles cartes, les jumeaux numériques des villes qui commencent lentement à être utilisés pour planifier et réaliser des prototypes de changement urbain, d’automatisation et d’optimisation. Ces cartes sont bien sûr incomplètes, mais elles contiennent des hypothèses et des points aveugles.

M. Boyer conclut en évoquant le racisme, l’importance des « vies noires », la pandémie actuelle, les silos professionnels et les hésitations à faire confiance, et enfin le fossé croissant entre nos capacités de détection et de mesure, et notre capacité à donner un sens à tout cela. Une conclusion s’impose : peut-être qu’une boussole morale est plus importante qu’une carte.

Le redécoupage a entravé la création de la richesse des Noirs, ce qui est problématique en première ligne, mais de manière exponentielle lorsque le manque d’accès au capital empêche une communauté d’accumuler des richesses financières et un pouvoir politique. Si l’on regarde la carte de planification des autoroutes fédérales, ce manque de richesse et de pouvoir ressemble à des « taudis », ce qui signifie un vide à combler par la « rénovation urbaine » et une « opportunité » de trouver une autoroute. […]

Ce serait bien d’avoir une grande conspiration ou un mauvais acteur singulier à blâmer pour cette histoire, mais au lieu de cela, nous avons des préjugés racistes systémiques convertis en externalités qui n’ont pas besoin d’être prises en compte, ces préjugés inscrits sur des cartes, des cartes utilisées pour informer la politique, et des décisions politiques finalement gravées dans la terre par des bulldozers. […]

Même une carte de la même taille que le territoire n’a qu’une nomenclature limitée pour enregistrer les moments les plus forts de la culture humaine, sans parler de l’angoisse des plus faibles, et il ne faut pas oublier que c’est là le but des cartes : le cartographe simplifie le monde en laissant de côté la plus grande partie. […]

Black Lives Matter doit être un cri de ralliement en 2020 parce que l’Amérique a collectivement ignoré ce fait, en choisissant d’externaliser la souffrance des personnes de couleur d’une manière similaire à la manière dont l’économie industrielle a externalisé le coût du carbone. Les deux tuent des gens et les deux sont perpétués par des décisions trop confiantes basées sur des conceptions dangereusement simplifiées du monde.

Lire la lecture

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.