Comment les drones pourraient remodeler les villes

Nous sommes à une période critique de l’histoire urbaine, confrontés à un effondrement climatique et à une pandémie. Les drones et les véhicules aériens peuvent contribuer à repenser en profondeur l’environnement urbain, rapporte Fastcompany.

Les drones, les véhicules volants personnels et les taxis aériens pourraient faire partie de notre vie quotidienne dans un avenir très proche. Les drones et les taxis aériens créeront de nouveaux moyens de mobilité et de nouvelles voies de transport. Les drones seront utilisés pour la surveillance, la livraison et dans le secteur de la construction, qui se dirige vers l’automatisation.

L’introduction de ces engins aériens dans les villes nécessitera une modification radicale de l’environnement bâti. Les drones et autres nouveaux véhicules aériens nécessiteront des aires d’atterrissage, des points de chargement et des ports pour drones. Ils pourraient inaugurer de nouveaux styles de construction et conduire à une conception plus durable.

Mes recherches (Paul Cureton, maître de conférences en design) explorent l’impact des véhicules aériens sur l’aménagement urbain, en traçant des trajectoires possibles pour l’avenir.

Une ère aérienne

Déjà, les drones civils peuvent varier considérablement en taille et en complexité. Ils peuvent transporter toute une gamme d’articles allant des caméras haute résolution, des mécanismes de livraison et de la technologie d’image thermique aux haut-parleurs et aux scanners. Dans le secteur public, les drones sont utilisés lors des interventions en cas de catastrophe et par les services d’incendie pour lutter contre les incendies qui pourraient mettre en danger les pompiers.

Pendant la pandémie de coronavirus, les drones ont été utilisés par la police pour faire respecter le confinement des lieux. Les drones normalement utilisés dans l’agriculture ont pulvérisé du désinfectant sur les villes. Au Royaume-Uni, des essais de livraison de drones sont en cours pour transporter des articles médicaux vers l’île de Wight.

En plus des drones, nos futures villes pourraient également être peuplées d’engins à décollage et atterrissage vertical (VTOL), utilisés comme véhicules privés et taxis aériens.

Ces véhicules sont familiers aux fans de science-fiction : les illustrations de feu Syd Mead sur le métier de Spinner VTOL dans le film Blade Runner ont captivé l’imagination populaire, et les écrans des Spinners dans Blade Runner 2049 créés par Territory Studio ont fourni une fiction de conception soignée de l’expérience de pilotage de ce type de véhicules.

Mais aujourd’hui, ces véhicules volants sont une réalité. Un certain nombre d’entreprises développent des eVTOL avec des jets électriques multirotor, et un tout nouveau sport automobile est en train de s’établir autour d’eux.

Ces avions ont le potentiel de changer nos villes. Cependant, ils doivent être testés de manière approfondie dans l’espace aérien urbain. Une étude menée par Airbus a révélé que les préoccupations du public concernant l’utilisation des VTOL se concentraient sur la sécurité des personnes au sol et les émissions sonores.

Nouvelles villes

L’adoption généralisée des drones et des VTOL entraînera une nouvelle architecture et de nouvelles infrastructures. Les bâtiments existants devront être adaptés : aires d’atterrissage, panneaux solaires photovoltaïques pour l’efficacité énergétique, points de recharge pour les drones de livraison et aménagement paysager pour atténuer les émissions sonores.

Un certain nombre d’entreprises testent déjà des services de livraison de drones. Les bâtiments existants devront être adaptés pour accueillir ces nouveaux réseaux, et de nouveaux principes de conception devront être mis en œuvre dans les futurs réseaux.

L’architecte Saúl Ajuria Fernández a élaboré un projet de plate-forme portuaire pour la livraison de drones. Ce port de drones agit comme une ruche où les drones se rechargent et collectent les colis pour les distribuer. Le Pier 2 du cabinet d’architectes Humphreys & Partners, un projet de futur immeuble modulaire, comprend un port de drones en porte-à-faux pour les services de livraison.

La Fondation Norman Foster a conçu un port de drones pour la livraison de fournitures médicales et d’autres articles pour les communautés rurales du Rwanda. La structure est également destinée à fonctionner comme un espace de rassemblement du public, ainsi qu’à recevoir une formation en robotique.

Les drones peuvent également aider l’environnement urbain à devenir plus durable. Des chercheurs de l’Université de Stuttgart ont mis au point un système architectural reconfigurable de toit en forme de verrière déployé par des drones. En s’ajustant pour suivre la direction du soleil, l’auvent fournit de l’ombre et réduit la dépendance aux systèmes de ventilation.

La demande de taxis aériens et de véhicules volants personnels se développera là où d’autres systèmes de transport connaissent des défaillances. Les recherches d’Airbus ont révélé que, parmi les villes étudiées, la demande la plus forte en VTOL se situait à Los Angeles et à Mexico, des zones urbaines réputées pour la pollution du trafic. Pour accueillir ces véhicules aériens, l’espace urbain devra se transformer pour inclure des pistes d’atterrissage, des infrastructures de type aéroport et des points de recharge.

De plus, tout ce système logistique dans l’espace aérien inférieur (en dessous de 150m), ou ce que j’appelle « l’espace de vol stationnaire », aura besoin d’un système de gestion du trafic urbain. Un excellent exemple de la façon dont cet espace de vol stationnaire pourrait fonctionner peut être vu dans un projet spéculatif du studio de design Superflux dans leur projet de volière de drones. Un certain nombre de drones aux fonctions différentes se déplacent en réseau dans une zone urbaine, en suivant des trajectoires différentes à des hauteurs variables.

Nous sommes à une période critique de l’histoire urbaine, confrontés à un effondrement climatique et à une pandémie. Les drones et les véhicules aériens peuvent contribuer à repenser en profondeur l’environnement urbain.

Paul Cureton, maître de conférences en design (personnes, lieux, produits), Université de Lancaster. Cet article est republié dans The Conversation

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