L’environnement n’est pas un système

Merci à Kristoffer du Naive Weekly d’avoir pointé du doigt ce papier de Tega Brain datant d’il y a quelques années, ce n’est pas une ligne de pensée souvent expliquée. Il correspond bien à l’article précédent, où il était question de réutiliser les anciens médias et les anciens avenirs, de trouver de nouvelles façons de parler des nouveaux avenirs ; ici, nous voyons l’importance de la façon dont nous parlons des choses et dont nous les mesurons. Brain nous montre qu’une trop grande partie de notre compréhension de la nature passe par le filtre et le langage des systèmes, le calcul et l’optimisation. Lorsque nous parlons des forêts et des espèces qui y vivent, nous pensons que nous pouvons la comprendre comme un système, gérer sa croissance comme une usine. « Comprendre les environnements comme des assemblages ouverts de non-humains, vivants et non-vivants, empêtrés dans des modes de vie ». C’est une façon plus humble, moins centrée sur l’homme, de saisir la nature.

Un objectif utile à garder à portée de main quand on lit sur les incendies dans l’ouest américain, les brûlures contrôlées, les cartes n’étant pas le territoire, et la complexité en général.

« Les écologistes se sont tournés vers les assemblages pour contourner les connotations parfois fixes et bornées de « communauté » écologique. La question de savoir comment les différentes espèces d’un assemblage d’espèces s’influencent les unes les autres – si tant est qu’elles s’influencent – n’est jamais tranchée : certaines se contrecarrent (ou se mangent), d’autres travaillent ensemble pour rendre la vie possible, d’autres encore se retrouvent tout simplement au même endroit. Les assemblages sont des rassemblements ouverts. Elles nous permettent de nous interroger sur les effets de la communauté sans les assumer ». […]

Au cours de la dernière décennie, l’idéologie de la Silicon Valley a saturé un large éventail de domaines allant de l’urbanisme au système judiciaire, et cette annonce est imprégnée d’un mélange familier de solutionnisme et de téléologie, promettant cette fois de transformer « la façon dont nous gérons actuellement les défis environnementaux complexes » […].

Nous devons reconnaître à quel point nous sommes profondément ancrés dans une vision du monde informatique qui suppose la systémie des environnements et sous-estime l’indétermination des rencontres environnementales.

Via ResearchValue2018

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