Criez si vous voulez aller plus vite ! Pourquoi la technologie gouvernementale a besoin d’une (bien) meilleure gouvernance

Bien que centré sur le Royaume-Uni, l’article est précieux pour de nombreux autres pays, villes et grandes entreprises. Rachel Coldicutt explique cette nouvelle technocratie mise en place par Cummings et Johnson, où les processus, la rapidité, la pseudo-agilité, le mépris de la bureaucratie et des lois, et des objectifs nobles mais très vagues deviennent la « stratégie » et le plan. En fait, il s’agit de cultiver les premières phases de démarrage de Silly-con Valley, et d’appliquer l’éthique du « faire vite et casser les choses » à des programmes gouvernementaux plus lents, vitaux et structurés. C’est le laboratoire d’innovation interne inutile qui infecte et « dirige » toute l’entreprise, mais pour des situations de vie ou de mort à l’échelle du pays.

Pour paraphraser le mème de la start-up :
1) Données MOAR et processus plus rapides.
2) …
3) Le profit ! (Pour nos amis, encadré comme « leader mondial » auprès des citoyens).

C’est le rêve d’un paradis de l’innovation à faible friction, dans lequel les chiffres disent la vérité tandis que les bureaucrates (et les éthiciens) se mettent à l’abri. Il s’agit moins d’une vision de la société que d’une obsession du processus et du pouvoir. […]

Il s’agit d’une révolution technocratique, et non politique, motivée par la volonté d’effacer la bureaucratie, de centraliser le pouvoir et d’accroître l’improvisation. […]

Le document de Cummings (étonnamment récent) sur l’ARPA et le PARC énonce un engagement à sauver le monde grâce à « des percées spectaculaires qui font progresser la connaissance et la civilisation » – mais il n’y a aucun détail sur ce que ces percées pourraient être, ni sur ce qu’elles permettront de réaliser. Au lieu de cela, l’accent est mis sur le processus et sur le bon type de génie, qui est – heureusement – capable d’évoquer le bon type de chiffre. […]

La complexité et la spécificité ne sont guère prises en considération sur le plan politique ; les objectifs sont là pour être mesurés, mais on ne tient pas compte de qui les fixe ni de l’impact de leur réalisation – et les critères de réussite les plus courants semblent être « de niveau mondial », « novateur », « nouveau » – ou simplement « rapide ».

Via Medium

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