Vers un autre monde ?

La fermeture répétée des lieux de rassemblements, de convivialité et culturels va inexorable conduire à une autre façon de vivre « ensemble ». Mais comme l’histoire de l’humanité le veut : comment distinguer les nantis des plus humbles s’il n’est plus possible de consommer, de vivre ostensiblement à la mesure de ses moyens et de s’offrir un plaisir ?

Ceux qui prévoient la fin de certains commerces dont les bases n’étaient finalement solides que parce qu’elles s’inscrivaient dans une tendance prouvée (marketing, service, etc) n’ont peut-être pas anticipé encore que nous nous dirigeons certainement vers une économie plus artisanale.

Définition : L’artisanat est la transformation de produits ou la mise en œuvre de services grâce à un savoir-faire particulier et hors contexte industriel de masse : l’artisan assure en général tous les stades de sa transformation, de réparation ou de prestation de services, et leur commercialisation. 

Ou plus exactement : le « Shokunin » :

Shokunin est un mot japonais qui signifie « artisan » ou « travailleur », ce qui implique également la fierté de son propre travail. Selon les termes de Shokunin Tashio Odate :

Shokunin signifie non seulement avoir des compétences techniques, mais implique également une attitude et une conscience sociale… une obligation sociale de faire de son mieux pour le bien-être général de la population, [une] obligation à la fois matérielle et spirituelle[3].

Traditionnellement, les shokunin honoraient leurs outils de commerce au Nouvel An – les outils affûtés et soignés étaient placés dans un tokonoma (un récipient ou une boîte que l’on trouve encore dans les maisons et les magasins japonais), et deux gâteaux de riz et une mandarine (sur du papier de riz) étaient placés sur le dessus de chaque boîte à outils, pour honorer les outils et exprimer la gratitude pour l’accomplissement de leur tâche.

Nous verrons certainement, en lien avec la pérennisation et le développement du service de livraison et des « dark kitchen » ou lieux clandestins ou privés, une économie plus « moyen âgeuse » : nous inviterons à l’occasion nos proches, amis, collègues dans des lieux loués, ou chez soi, nous nous ferons livrés les meilleurs viandes (ou nous en mangerons définitivement moins), les meilleurs plats, le meilleur pain, préparés par les « artisans royaux ». Un musicien viendra jouer dans votre appartement décoré pour foule d’artisans verriers, tapissiers, designer. Les meilleurs experts dans leur technique seront des services de luxe que nous pourrons tous nous permettre (évidemment plus ou moins souvent) pour les rares moments de convivialité que nous pourrons nous permettre.

Seule finalement la haute technologie demeurera à grande échelle, même si probablement des marques d’excellence du son et des écrans commenceront à voir le jour…

Qui aurait pu penser que le passé resurgirait de cette manière, avec finalement tous les individus, rois d’un ou plusieurs jours dans leur vie ?

Peut-être que je me trompe, mais il semble que la meilleure façon de survivre à une situation incontrôlable en l’état, se révèlera être celle qui privilégiera l’individu qui produit un travail unique sous son toit.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.