Concevoir l’avenir quand l’avenir est sombre

« Au fond, le design est un média intrinsÚquement futuriste. » En partant de là, le postulat de base est que dans nos sombres futurs, comment le design devrait-il changer, comment devrait-il cesser de concevoir des choses qui font du mal, et comment peut-il aider à concevoir des futurs meilleurs.

L’argument de l’article rappelle simplement les actions individuelles que nous avons Ă©tĂ© encouragĂ©s Ă  prendre pour arrĂȘter la dĂ©gradation de l’environnement, les extinctions et le changement climatique. Ce sont toutes de bonnes actions Ă  prendre individuellement, comme le feraient des changements dans la pratique du design, mais en fin de compte, c’est l’action collective entreprise pour changer les politiques et contrĂŽler les excĂšs du Capital qui rendra possible les changements Ă  grande Ă©chelle nĂ©cessaires, et non l’action individuelle, et non une meilleure conception. Se concentrer sur l’un ou l’autre sans la vision collective est un peu un Ă©cran de fumĂ©e.

Le paradoxe fondamental du design contemporain – dans une tentative de rendre notre environnement de plus en plus confortable, nous avons dĂ©truit cet environnement lui-mĂȘme. [
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Le fait que divers scĂ©narios apocalyptiques soient dĂ©sormais inĂ©vitables, mĂȘme lorsqu’on essaie de penser Ă  l’avenir avec espoir, a fait du design contemporain une rĂ©action brutale contre lui-mĂȘme. Dans le livre « Lo-TEK » de 2019 (dont je vous ai dĂ©jĂ  parlĂ© ici) (une rĂ©ponse Ă  l’ancien mouvement d’architecture et de design appelĂ© high-tech, dont l’exemple le plus cĂ©lĂšbre est le Centre Pompidou de 1977 Ă  Paris, de Renzo Piano et Richard Rogers, avec sa façade aux entrailles mĂ©talliques exposĂ©es), la designer urbaine et activiste Julia Watson cherche des rĂ©ponses auprĂšs des peuples indigĂšnes du monde entier, en raison de leur longue pratique dans la gestion des catastrophes climatologiques et autres Ă©vĂ©nements imprĂ©vus. Elle Ă©tudie les ponts construits par les Incas Ă  partir de racines vivantes Ă  Meghalaya, en Inde, et l’agriculture de canal avancĂ©e autour du lac Titicaca au PĂ©rou. LĂ  oĂč « Designs for Different Futures » sent la haute technologie dans son imagination – en envisageant, par exemple, que les humains pourraient peut-ĂȘtre un jour ĂȘtre clonĂ©s Ă  partir de l’ADN extrait de la gomme laissĂ©e sous les bancs de parc – Lo-TEK imagine que les connaissances sur la façon de survivre au futur sont dĂ©jĂ  ancrĂ©es dans des pratiques Ă  faible consommation d’Ă©nergie, souvent anciennes. Ces deux exemples font allusion Ă  la façon dont les concepteurs ont commencĂ© Ă  se demander Ă  quoi ressemblera un monde caractĂ©risĂ© par une robotisation croissante, une biodiversitĂ© en dĂ©clin et la disparition des technologies qui fonctionnent en harmonie avec la nature. Les catastrophes climatologiques existent dans les degrĂ©s de rĂ©chauffement que nous sommes prĂȘts Ă  accepter en tant que sociĂ©tĂ©, dans la mesure oĂč, Ă  un certain moment, nous pourrons encore nous appeler une sociĂ©tĂ©.

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Si le design a toujours consistĂ© Ă  regarder vers l’avant – et Ă  le faire dans l’espoir que ce qui allait venir serait meilleur que ce qui s’est passĂ© auparavant – il doit maintenant aussi consister Ă  regarder en arriĂšre en regrettant que nos vies, en fin de compte, n’aient pas Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©es par toute notre expansion et notre croissance.

L’exposition « Countryside, the Future », au musĂ©e Guggenheim, qui imagine le design humain dans un monde post-humain, comprend une ferme intĂ©rieure.Credit…David Litvin

L’article complet sur le NYTimes

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