« La liberté ne signifie pas la liberté d’infecter d’autres personnes »

Vous l’aurez compris, en ce moment, mon grand sujet de réflexion et de lecture est autour de la liberté. Je suis d’ailleurs en train de lire L’Existentialisme est un humanisme de Sartre, ainsi que les livres de commentaires de texte, celui-ci est très bien en l’occurrence (souvent parfaits pour comprendre un texte dans son contexte et avoir multiples références que nous pourrions ne pas avoir en étant pas des experts en littérature).

Donc je lis tout ce que je peux à ce sujet car cette référence-ci me trotte dans la tête depuis un moment.

Paul Krugman écrit sur les effets néfastes du « libertarianisme qui a mal tourné, une mauvaise compréhension de ce qu’est la liberté » qui ont été mis en évidence par la pandémie de Covid-19.

Mais il y a aussi beaucoup de rhétorique libertaire, beaucoup de discours sur la « liberté » et la « responsabilité personnelle ». Même les politiciens qui disent que les gens doivent se couvrir le visage et éviter les rassemblements à l’intérieur refusent d’utiliser leur pouvoir pour imposer des règles à cet effet, insistant sur le fait que cela doit être une question de choix individuel.

Ce qui est absurde.

Beaucoup de choses devraient être une question de choix individuel. Le gouvernement n’a pas à dicter vos goûts culturels, votre foi ou ce que vous décidez de faire avec d’autres adultes consentants.

Mais refuser de se couvrir le visage pendant une pandémie, ou insister pour se mêler à l’intérieur avec de grands groupes, ce n’est pas comme suivre l’église de votre choix. C’est plutôt comme déverser des eaux usées brutes dans un réservoir qui alimente d’autres personnes en eau potable.

Il est remarquable que de nombreuses personnalités ne semblent toujours pas comprendre (ou ne sont pas disposées à comprendre) pourquoi nous devrions pratiquer la distanciation sociale. Il ne s’agit pas principalement de nous protéger – si c’était le cas, ce serait en effet un choix personnel. Il s’agit plutôt de ne pas mettre les autres en danger. Le port d’un masque peut offrir une certaine protection à celui qui le porte, mais surtout il limite les risques d’infecter d’autres personnes.

En d’autres termes, les comportements irresponsables actuels sont essentiellement une forme de pollution. La seule différence réside dans le niveau auquel le comportement doit être modifié. Pour l’essentiel, le contrôle de la pollution passe par des institutions de régulation : limitation des émissions de dioxyde de soufre des centrales électriques, obligation pour les voitures d’être équipées de pots catalytiques. Les choix individuels – papier contre plastique, marche au lieu de conduire – ne sont pas complètement hors de propos, mais ils n’ont qu’un effet marginal.

La lutte contre une pandémie, en revanche, exige principalement que les individus modifient leur comportement – se couvrir le visage, s’abstenir de traîner dans les bars. Mais le principe est le même.

Ce qui résonne complètement avec ma réflexion sur la citoyenneté et la discipline. Nous sommes « contraints » car nous ne sommes pas éduqués pour nous comporter avec responsabilité. Elevons-nous notre liberté comme morale générale, digne d’être applicable à tous et chacun ?

Vous pouvez lire l’article du NYTimes ici.

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