14 pays lancent un nouveau plan pour parvenir à une « économie durable des océans »

Ce groupe, qui comprend la Norvège, le Canada, le Japon, l’Australie, le Ghana et les Fidji, représente 40 % des côtes mondiales, contrôle 30 % des océans de la planète et s’est engagé à mettre en œuvre des objectifs stricts d’ici 2025 pour améliorer la santé des océans.

Les océans du monde couvrent 70% de la Terre et contribuent à créer 1,5 trillion de dollars d’activité économique chaque année, créant des millions d’emplois, fournissant de la nourriture et créant de l’énergie. Cependant, il existe un équilibre délicat entre l’utilisation des océans et leur protection contre l’exploitation.

La réalisation de cet équilibre est à l’origine de la création, en 2018, d’un groupe de dirigeants mondiaux dont l’objectif était d’œuvrer à une « économie durable des océans« , dont le point culminant est un nouveau rapport comprenant des objectifs détaillés – tels que la réduction du réchauffement des océans, de la pollution marine, de la surpêche et des pertes d’habitat et de biodiversité – et des stratégies pour les atteindre d’ici 2025, afin de créer une « économie bleue » plus durable et à long terme. « Le bien-être de l’humanité est profondément lié à la santé de l’océan », a déclaré Erna Solberg, Premier ministre norvégien, et l’un des membres fondateurs du groupe, dans un communiqué de presse. « Pendant trop longtemps, nous avons perçu un faux choix entre la protection et la production des océans. Ce n’est plus le cas ».

Parmi les objectifs figurent la création d’industries durables des produits de la mer en éliminant la pêche illégale et non réglementée, en rendant les sources d’énergie renouvelables des océans compétitives et accessibles, en développant de nouvelles industries telles que l’élevage commercial d’algues et de varechs, et en adoptant une approche de précaution pour l’exploitation minière des fonds marins. Le rapport préconise également des mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à protéger les côtes et à réduire la pollution des océans.

L’accent est mis sur l’équité, en impliquant les populations de toutes les nations qui contribuent à l’économie océanique, en particulier les pays et les populations autochtones qui sont touchés de manière disproportionnée par la surproduction et le changement climatique. « On ne peut pas se contenter de prospérer, prospérer, prospérer – pêcher plus, forer plus », déclare M. Lubchenco. « Vous devez le faire de manière à minimiser les impacts sur l’écosystème et à maximiser les bénéfices équitables. Et qu’il faut les considérer de concert ».

Le panel est composé de 14 pays développés et en développement du monde entier, qui ont signé les recommandations. Il s’agit de la Norvège, du Portugal, du Canada, du Japon, de l’Australie, du Kenya, du Ghana, de l’Indonésie et de nations insulaires comme Fidji et Palau, pour qui « l’océan est notre passé, notre présent et notre avenir », selon les termes du président de Palau, Tommy Remengesau Jr. Ces 14 pays représentent 40 % des côtes du monde et contrôlent 30 % des océans de la planète, ce qui correspond à 30 millions de kilomètres carrés, soit une masse de la taille de l’Afrique. « Ils sont en effet des acteurs sérieux dans l’espace océanique », déclare Jane Lubchenco, scientifique environnementale et l’une des coprésidentes expertes du groupe, qui était l’administratrice de la National Oceanic and Atmospheric Administration sous le président Obama. « Ne sous-estimez pas le pouvoir de ces 14 personnes ».

Chaque plan spécifique est soutenu par 19 études scientifiques différentes, qui ont été commandées par le panel et réalisées par 250 auteurs scientifiques de 48 pays, afin que les plans soient ancrés de manière crédible dans la science. Les estimations de certaines de ces études montrent que la mise en œuvre des mesures proposées permettrait de produire 6 fois plus de nourriture, 40 fois plus d’énergie renouvelable et de contribuer à un cinquième des réductions d’émissions de gaz à effet de serre nécessaires pour ne pas dépasser 1,5°C de réchauffement.

Chaque membre du groupe s’est engagé à mettre en œuvre les stratégies holistiques dans 100 % des eaux de son pays d’ici 2025, afin de ne pas ignorer certains écosystèmes individuels. Ces stratégies sont ambitieuses mais pratiques, explique M. Lubchenco. Elles sont également ancrées dans l’Agenda 2030 des Nations unies pour le développement durable, en particulier l’objectif « La vie sous l’eau », qui vise à protéger la biodiversité marine contre des problèmes tels que la surpêche, la pollution et l’acidification des océans. Les 2 et 3 décembre, les Nations unies organisent les Dialogues sur le climat, le premier qui se concentre spécifiquement sur le changement climatique et les océans, au cours duquel M. Lubchenco sera l’un des principaux orateurs.

Bien que 14 pays soient à la tête de cet effort, le panel espère que d’autres nations côtières et insulaires se joindront à lui dans les années à venir, afin que, d’ici 2030, 100 % des zones océaniques sous juridiction nationale soient gérées de manière durable. Les États-Unis, pour autant que Lubchenco le sache, n’ont pas encore été officiellement invités à participer. « Au cours des quatre dernières années, ils n’ont pas été un très bon partenaire au niveau international », dit-elle. « Et ils ne se sont pas non plus préoccupés de choses comme la santé de l’océan ». Mais elle espère que l’administration Biden et le prochain Congrès signeront, d’autant plus que le pays sort de la crise COVID-19 et que le gouvernement tient sa promesse de reconstruire une économie plus durable.

Via Fastcompany

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