La relation entre l’exercice et notre sang fait l’objet de nouvelles recherches sĂ©rieuses. đŸƒâ™€ïž

MĂȘme une courte sĂ©ance d’entraĂźnement peut rapidement modifier les niveaux de 9 815 molĂ©cules dans le sang, rapporte le New York Times.

Pendant que nous faisons de l’exercice, nous augmentons et diminuons les niveaux de centaines de molĂ©cules dans notre sang qui sont liĂ©es Ă  notre santĂ© mĂ©tabolique, mĂȘme si nous ne faisons de l’exercice que pendant quelques minutes, selon une nouvelle Ă©tude complexe et encourageante sur les effets molĂ©culaires de l’activitĂ© physique. Cette Ă©tude, Ă  laquelle ont participĂ© plus de 1 000 hommes et femmes, vient s’ajouter aux preuves de plus en plus nombreuses que l’exercice amĂ©liore notre santĂ© en grande partie en transformant le nombre et le type de cellules qui se trouvent Ă  l’intĂ©rieur de nous.

À ce stade, bien sĂ»r, il n’y a pas de dĂ©bat raisonnable sur la question de savoir si l’exercice est bon pour nous. Il l’est. D’innombrables Ă©tudes montrent que les personnes actives sont moins susceptibles que les personnes plus sĂ©dentaires de dĂ©velopper ou de mourir d’une sĂ©rie de problĂšmes de santĂ©, notamment les maladies cardiaques, le diabĂšte, la dĂ©mence, le cancer, l’obĂ©sitĂ© et bien d’autres encore. Les personnes actives ont Ă©galement tendance Ă  vivre plus longtemps et Ă  se sentir plus heureuses.

Mais nous savons encore Ă©tonnamment peu de choses sur la façon dont l’exercice nous fait progresser. Quelles sont les nombreuses Ă©tapes et transmutations biologiques interconnectĂ©es qui permettent Ă  une marche aujourd’hui d’ajouter Ă  notre espĂ©rance de vie dans des dĂ©cennies ?

Cette question a suscitĂ© rĂ©cemment un intĂ©rĂȘt considĂ©rable pour la recherche sur les « omiques » de l’exercice – l‘Ă©tude de toutes les molĂ©cules de notre sang ou d’autres tissus qui font partie d’un processus biologique particulier. La gĂ©nomique, par exemple, quantifie les trĂšs nombreuses molĂ©cules impliquĂ©es dans les activitĂ©s gĂ©nĂ©tiques. La protĂ©omique fait de mĂȘme pour les protĂ©ines, la microbiomique pour les multiples contenus de nos microbiomes et la mĂ©tabolomique pour les molĂ©cules liĂ©es aux processus mĂ©taboliques. (Il peut y avoir un chevauchement entre les diffĂ©rentes « omiques », Ă©videmment).

Il est important de comprendre comment l’exercice affecte les niveaux des diffĂ©rentes molĂ©cules en nous, car ces changements sont susceptibles d’ĂȘtre l’Ă©tape prĂ©liminaire d’une cascade complexe d’actions biologiques ultĂ©rieures qui contribuent Ă  une meilleure santĂ©. En augmentant certaines molĂ©cules, en en diminuant d’autres, on fait dĂ©marrer la messagerie inter-organes, l’expression des gĂšnes et d’autres processus qui modifient ensuite la façon dont nous produisons et utilisons l’insuline, brĂ»lons ou stockons les graisses, rĂ©agissons au cholestĂ©rol, etc.

Un certain nombre d’Ă©tudes importantes ont Ă©tĂ© menĂ©es rĂ©cemment sur les « omiques de l’exercice », notamment une expĂ©rience fascinante qui montre qu’un entraĂźnement de courte durĂ©e modifie rapidement les niveaux de 9 815 molĂ©cules dans le sang. Mais cette Ă©tude, comme la plupart des autres examens de l’exercice et des sciences omiques, a impliquĂ© relativement peu de volontaires – 36 dans ce cas – et n’a pas Ă©tabli de lien entre les changements molĂ©culaires et les rĂ©sultats ultĂ©rieurs sur la santĂ©.

Pour cette nouvelle Ă©tude, publiĂ©e en septembre dans la revue Circulation, les chercheurs du Massachusetts General Hospital de Boston et d’autres institutions ont donc dĂ©cidĂ© d’augmenter le nombre de personnes faisant de l’exercice dont les donnĂ©es « omiques » seraient analysĂ©es et d’essayer de trouver des liens entre ces donnĂ©es et la santĂ© ultĂ©rieure.

Ils ont eu accĂšs Ă  un large groupe de volontaires potentiels parmi les hommes et les femmes dĂ©jĂ  inscrits Ă  l’Ă©tude Ă  long terme sur le cƓur de Framingham, qui est supervisĂ©e principalement par des chercheurs de l’universitĂ© de Boston. Les scientifiques ont maintenant demandĂ© Ă  411 volontaires d’Ăąge moyen inscrits dans l’Ă©tude de se rendre au laboratoire et de faire de l’exercice, en pĂ©dalant jusqu’Ă  Ă©puisement sur un vĂ©lo stationnaire. Les efforts de la plupart des cyclistes ont durĂ© un peu moins de 12 minutes. Les chercheurs ont fait une prise de sang avant la course et aprĂšs, dans la minute qui a suivi, lorsque, Ă©puisĂ©s, les cyclistes ont arrĂȘtĂ©.

Les scientifiques ont ensuite fait passer les Ă©chantillons de sang par un spectromĂštre de masse, une machine qui compte et quantifie les molĂ©cules. Les chercheurs se sont concentrĂ©s sur les mĂ©tabolites, qui sont des molĂ©cules liĂ©es aux processus mĂ©taboliques. L’Ă©tiquette « mĂ©tabolite » est quelque peu arbitraire, mais pour cette Ă©tude, les chercheurs se sont surtout concentrĂ©s sur les molĂ©cules qui pourraient affecter l’insuline des gens, la combustion des graisses, le cholestĂ©rol, le sucre dans le sang et d’autres aspects de l’alimentation cellulaire.

Ils en ont trouvĂ© beaucoup. Sur les 588 mĂ©tabolites contrĂŽlĂ©s, les niveaux de plus de 80 % ont gĂ©nĂ©ralement augmentĂ© ou diminuĂ© pendant les courtes chevauchĂ©es. Pour renforcer ces rĂ©sultats, les scientifiques ont rĂ©pĂ©tĂ© l’expĂ©rience avec 783 autres volontaires de Framingham, en vĂ©rifiant dans leur sang avant et aprĂšs l’exercice les changements dans environ 200 des molĂ©cules qui avaient Ă©tĂ© les plus altĂ©rĂ©es dans le premier groupe. LĂ  encore, ces mĂ©tabolites ont changĂ© de la mĂȘme maniĂšre qu’auparavant.

Enfin, et c’est peut-ĂȘtre le plus intrigant, les chercheurs ont crĂ©Ă© ce qu’ils ont appelĂ© des « signatures » molĂ©culaires des niveaux de quelques mĂ©tabolites reprĂ©sentatifs qui ont changĂ© avec l’exercice. Ils ont ensuite recherchĂ© ces mĂȘmes modĂšles de mĂ©tabolites dans des Ă©chantillons de sang stockĂ©s, recueillis des dĂ©cennies auparavant auprĂšs d’anciens participants au programme Framingham, tout en vĂ©rifiant si et quand l’un de ces volontaires Ă©tait dĂ©cĂ©dĂ©.

Les chercheurs ont trouvĂ© des signatures pertinentes dans certains des Ă©chantillons de sang, et ces Ă©chantillons provenaient gĂ©nĂ©ralement de personnes qui n’Ă©taient pas mortes prĂ©maturĂ©ment, ce qui suggĂšre que les types de changements de mĂ©tabolites qui se produisent avec l’exercice pourraient influencer et amĂ©liorer la santĂ© Ă  l’avenir.

Cette idĂ©e est cependant « spĂ©culative », dĂ©clare le Dr Gregory Lewis, chef de section du programme d’insuffisance cardiaque et directeur du laboratoire d’exercice cardiopulmonaire du Massachusetts General Hospital, qui a supervisĂ© la nouvelle Ă©tude. Les Ă©chantillons de sang, vieux de plusieurs dizaines d’annĂ©es, ont Ă©tĂ© prĂ©levĂ©s lors d’examens mĂ©dicaux standard, et non aprĂšs l’exercice, dit-il, de sorte que certaines personnes ayant des signatures mĂ©taboliques souhaitables pourraient ĂȘtre nĂ©es de cette façon et ne pas avoir eu besoin d’exercices pour remodeler leurs mĂ©tabolites.

MĂȘme parmi les volontaires actuels, souligne-t-il, les molĂ©cules des diffĂ©rentes personnes ont rĂ©agi de maniĂšre quelque peu diffĂ©rente Ă  leur exercice. Dans l’ensemble, les personnes obĂšses ont dĂ©veloppĂ© moins de changements que les personnes maigres, ce qui suggĂšre qu’elles pourraient d’une certaine maniĂšre rĂ©sister Ă  certains des avantages de l’exercice. Les hommes et les femmes, en tant que groupes, ont Ă©galement montrĂ© des signatures molĂ©culaires lĂ©gĂšrement discordantes, mais l’Ăąge n’a pas influencĂ© les rĂ©ponses molĂ©culaires des personnes.

De futures Ă©tudes plus importantes sur les sciences omiques devraient aider les scientifiques Ă  comprendre comment et pourquoi chacun rĂ©agit Ă  l’exercice physique, explique le Dr Lewis, et permettre aux chercheurs de dĂ©finir des signatures molĂ©culaires plus prĂ©cises qui pourraient indiquer, grĂące Ă  une analyse sanguine, la forme physique d’une personne ou la façon dont son corps peut rĂ©agir Ă  diffĂ©rents types d’exercice.

Mais pour l’instant, l’Ă©tude actuelle souligne Ă  quel point les effets de l’exercice peuvent ĂȘtre envahissants et immĂ©diats. « C’Ă©tait Ă  peine 10 minutes d’exercice », dit le Dr Lewis, « mais cela a tellement bougé » Ă  l’intĂ©rieur des gens.

Via NYTimes

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