Avec un esprit de générosité

« Notre niveau de détachement informe souvent notre niveau de générosité. » explique un tas de choses tellement justes à propos de la pondération et de la puissance de la générosité :

L’un des avantages du style de vie minimaliste est qu’il permet de renforcer réellement les muscles de la discipline et du contrôle des impulsions. Face aux possibilités répétées d’acheter plus, nous sommes en mesure d’accroître notre détermination à vivre avec moins. Nous sommes invités à renforcer continuellement notre capacité à dire « non ».

(…)

Apprendre une histoire plus profonde change souvent notre attitude du cœur. Nous apercevons à l’intérieur de nous quelque chose qui nous saisit et nous pousse à la générosité. Pourtant, il arrive si souvent que nous fassions un choix avant de connaître toute l’histoire.

Pourtant, s’il convient de faire preuve de discipline, il y a simplement des cas où nous sommes appelés à être généreux. Dans sa forme la plus élémentaire, la générosité est une extension de la grâce.

La générosité implique parfois un sacrifice personnel, mais c’est un sacrifice qui n’a rien à voir avec le fil dentaire bon marché (aux petites économies). La « générosité généreuse » peut en fait nous amener à embrasser l’incertitude. Si le fait d’avoir ou de garder ce qui est « à moi » crée un sentiment de certitude, alors le fait de le donner implique de sacrifier cette sécurité à un certain niveau. Et le « mien » peut s’étendre au-delà de l’argent ou d’autres choses. Qu’en est-il de « mon » temps ? « Mes » projets ? « Ma vie ? Si je la donne, mes propres besoins seront-ils satisfaits ? Au niveau le plus élémentaire, donner est un acte de confiance profondément enraciné. C’est une énergie qui lutte directement contre l’esprit de pénurie.

Quelqu’un a dit un jour que ce n’est pas « si vous l’avez » mais « comment vous l’avez ». La détenons nous de telle manière que nous sommes prêts à nous en séparer ? Il semble que notre niveau de détachement influence souvent notre niveau de générosité. Mais ce n’est pas une science exacte. En d’autres termes, la générosité n’est pas un poste de notre budget pour lequel nous faisons un chèque calculé chaque mois (même si c’est un bon point de départ). Il s’agit plutôt d’un don plein de cœur qui est vraiment très fluide et qui nécessite un esprit de sensibilisation permanent. Dans notre humanité, nous le faisons imparfaitement, mais nous espérons que d’autres sont généreux avec nous lorsque nous manquons la cible.

Il est possible que le karma soit en action, il va vite ces jours-ci. Les graines que nous plantons sont les récoltes que nous récoltons – pour le meilleur ou pour le pire. C’est une chose.

Alors à quoi ressemblerait-il si chacun d’entre nous vivait dans un esprit de générosité ? Quelle serait la puissance de vivre simplement mais de contribuer à un univers d’abondance ? Si chacun d’entre nous s’engageait à donner au fur et à mesure que des opportunités se présentent, cela déclencherait une effusion de grâce et une révolution de la construction.Après tout, la générosité est un moyen tangible de valoriser la vie et celle des autres. Donner le « à moi » est le chemin qui mène à la découverte qu’il n’y a pas de mal à le faire, il y en a même assez.

Et tout cela est si simple. Il n’est pas nécessaire de faire le tour du monde à la recherche d’une occasion d’être généreux. Le grand est dans le petit. Il suffit de répondre à la sonnette de votre porte.

Et le plus important à mon sens : Le vrai sage est celui qui demeure dans l’ombre, car il n’a rien a prouver. Il est malheureux aujourd’hui que le bien agir soit des opérations de communication pour s’acheter une conscience. Ce qu’on fait avec le coeur n’a pas besoin d’être vu et donné à voir : au-delà de la grâce, il s’agit de garder l’élégance du geste de coeur.

2 commentaires sur “Avec un esprit de générosité”

  1. Très beau texte. Il me donne par ailleurs envie de découvrir cet auteur que je ne connaissais pas.

    Puis-je ajouter une petite réflexion personnelle ? Courte. La voici :

    La plus belle des générosités et certainement la plus efficace sur le long terme est celle qui donne au bénéficiaire l’envie d’être généreux à son tour. Une belle image que me donnait ma mère est celle d’un semeur de riz (ou de blé) qui sème essentiellement pour les autres. Pour une simple poignée de cent grains de riz qu’il sème, les bénéficiaires de cette générosité vont récolter dix mille grains de riz. Que se produirait-il si plusieurs de ces bénéficiaires semaient à leur tour chacun cent de ces grains de riz dans le même esprit ? Et ce en une cascade sans fin.. Réponse : très vite la faim n’existerait plus dans le monde.

    Cette image peut s’appliquer à bien des choses… Et même les plus gratuites comme le simple sourire…

    La souffrance est la faim de bonheur. Et la générosité a ceci de beau qu’elle peut s’appliquer à tout et non seulement à la nourriture.

    Ce qui contribue le plus à la fin de la souffrance dans le monde est ce qu’on l’on sème soi-même avec le souhait de laisser d’autres récolter une grande part de ce qu’on a semé, donnant ainsi à au moins une partie de ces autres l’envie de semer à leur tour dans le même esprit. C’est d’ailleurs exactement le sens des quatre voeux des bodhisattvas:
    1 – Je fais voeu de libérer tous les êtres de la souffrance.
    2 – Je fais voeu de supprimer toutes les ignorances et toutes les illusions.
    3 – Je fais voeu d’apprendre et d’appliquer tous les enseignements qui conduisent à la vérité.
    4 – Je fais voeu de montrer à tous, humblement par mon simple comportement, la voie de l’Eveil.

    Et nul besoin alors de revendiquer d’être à l’origine du premier grain de riz semé. Le bonheur est dans le résultat de ce qu’on a semé un, dix, cent ans plus tôt : et cet heureux résultat ce n’est pas la quantité de riz récolté… mais le fait d’avoir donné envie à d’innombrable personnes l’envie de semer à leur tour pour d’autres.

    1. C’est magnifique et très juste, merci pour ces mots. Le premier instant où l’on donne de soi pour les autres, on se sent moins seul, on sait qu’on appartient à un tout, et très souvent une infime chose faite pour autrui porte en elle un immense espoir pour une autre personne qui la reçoit comme un cadeau.

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