Les applications contre la violence sexuelle ont déjà été testées. Elles n’ont pas fonctionné.

J’aime beaucoup la newsletter de Neeraj Kamdar, Humans+Tech, dans laquelle il aborde les rapports entre technologies et les humains, les bons et les mauvais :

Il y a quelques jours, en Australie, le commissaire de police de la Nouvelle-Galles du Sud, Mick Fuller, a suggéré que la technologie fasse partie de la solution aux préoccupations croissantes concernant les agressions sexuelles [Kathryn Henne, Jenna Imad Harb et Renee M. Shelby, The Conversation]. Il a admis que c’était peut-être une mauvaise idée, mais c’était une idée pour générer une conversation sur la façon dont le consentement peut être clairement communiqué.

Depuis 2011, des applications ont été mises en place pour lutter contre le harcèlement sexuel de diverses manières et dans de nombreux environnements différents. Outre la documentation du consentement, elles offrent d’autres fonctionnalités telles que l’aide d’urgence, l’information et un moyen de dénoncer les agresseurs. Malgré toutes ces capacités, ces apps ne fonctionnent pas, et dans certains scénarios, peuvent même jouer contre les victimes.

Le principal problème des applications enregistrant le consentement est qu’elles échouent lorsque celui-ci est retiré. Et ce consentement initial peut même jouer contre la victime.

Dans le cas de l’application de consentement proposée, les critiques ont noté que les efforts visant à horodater le consentement ne tiennent pas compte du fait que le consentement peut toujours être retiré. En outre, une personne peut consentir sous la pression, par peur des répercussions ou en état d’ébriété.

Si une personne indique son consentement à un moment donné mais que les circonstances changent, l’enregistrement pourrait être utilisé pour discréditer ses affirmations.

En plus de ne pas résoudre le problème de l’obtention d’un véritable consentement, ces applications mettent également en danger les utilisateurs en compromettant leur vie privée et leur sécurité.

Il s’agit d’un problème de société et de valeurs humaines qui ne peut être résolu par la technologie.

Il existe d’autres raisons pour lesquelles l’application de consentement est une mauvaise idée. Elle perpétue des hypothèses erronées sur la capacité de la technologie à « réparer » les préjudices sociétaux. Le consentement, la violence et la responsabilité ne sont pas des problèmes de données. Ces questions complexes nécessitent des réponses culturelles et structurelles fortes, et pas simplement des données quantifiables et horodatées.

Où est l’évolution : dans les « services » pour éviter les agressions ou l’éducation (la morale ??) pour qu’il n’y ait plus ce type d’abus ?

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