Une installation immersive suspend un champ d’herbe au plafond pour réfléchir à la nature des adieux.

À la fin d’une fête, la question se pose souvent de savoir comment partir sans faire d’histoires. Partir sans dire au revoir est connu sous le nom de « sortie à la française« , ce que l’artiste lituanien Tadao Cern comprend en tant qu’introverti autoproclamé. « Je ne supporte pas l’attention que l’on reçoit dès que l’on dit que l’on doit partir », explique-t-il à My Modern Met. « Une partie de ping-pong commence dans laquelle vous dites ‘je dois partir’ et les autres répondent ‘s’il vous plaît, ne partez pas' ». Sa toute nouvelle installation French Exit porte le nom de cette relation avec les adieux et s’en inspire.

Cern a suspendu un champ d’herbe séchée au plafond pour créer une expérience visuelle immersive. Les visiteurs passent sous les panaches dorés pour réfléchir aux adieux à court et à long terme qu’ils doivent faire dans leur vie. « L’idée de créer des compositions de champs d’herbe m’est venue à l’esprit parce que l’humanité a un besoin constant de penser à l’extinction et à différentes variantes de ce à quoi ressembleraient les derniers jours et quelle serait la raison de tout cela« , explique M. Cern.

« J’ai essayé de me concentrer davantage sur l’aspect de ce qui nous manquerait le plus pendant les dernières secondes du départ de cet endroit », poursuit l’artiste. « À mon avis, ce serait quelque chose de banal, comme des champs de blé pendant le coucher du soleil… La banalité est le résultat d’un amour et d’une affection si forts avec quelque chose/quelqu’un qu’on en a même marre. Et le fait de tout suspendre au plafond crée une illusion de flottement pour le spectateur, comme si on l’emmenait au ciel. » Dans le champ, il y a des sections où l’herbe a été pressée pour former un cercle et une piste en ligne droite. Ces reliefs dans le champ donnent au spectateur un endroit où il peut s’imprégner de la lueur du pâturage à l’envers.

« Les premières esquisses de French Exit ont été créées très peu de temps avant que la pandémie de COVID ne nous frappe », explique le Cern. « Un peu plus d’une demi-année plus tard, on m’a diagnostiqué une dépression et un trouble anxieux, ce qui a frappé très fort et m’a fait repenser les notions du projet et y revenir à nouveau. Tout est parti d’une simple idée et de quelques esquisses, mais une fois la pandémie terminée, j’espère que nous aurons l’occasion de contempler nos adieux dans la réalité. Si une telle chose existe ».

Suivez l’artiste sur Instagram pour vous tenir au courant de ses derniers projets. Tadao Cern:  site | Facebook | Instagram

Via My Modern Met

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