Ne pas vouloir, ne pas gaspiller : « Notre plus grand espoir est de réaliser enfin à quel point nous sommes gaspilleurs. »

Récemment je suis allée chez le cordonnier, métier qui me semble se raréfie et pour une raison toute simple : nos chaussures sont de mauvaise qualité et plus facilement jetable que réparable (comme nos chaussettes : seules nos grands-mères recousaient les trous). Mon cordonnier m’explique qu’il faut mettre le prix dans de vraies bonnes chaussures : le test pour savoir, c’est qu’elles doivent être extrêmement dures et ne pas se mettre à la forme de nos pieds en une journée, au contraire c’est l’histoire d’années pour qu’elles prennent une certaine souplesse, unique à notre façon de marcher. Résultat : son travail est nécessaire plus intéressant quand il s’agit de réparer des chaussures de bonnes facture, avec un bon savoir-faire, plutôt que les bouts de plastique réalisés à l’autre bout de la planète. Non, ce ne devrait pas être la mode de collectionner les chaussures : les différentes fonctionnalités devraient être la seule valeur de choix.

Cet article m’a donc interpellée :

Pour sauver la biosphère, il faut freiner la consommation en amont – et pas seulement les émissions en aval, explique Vaclav Smil pour Noéma.

C’est une interview fantastique d’un scientifique environnemental et analyste politique qui explique clairement qu’une forme plus verte du même consumérisme ne peut pas résoudre nos nombreuses crises de durabilité. « Il n’y a pas d' »économie » – il n’y a que de la conversion d’énergie. Votre voiture, vos maisons chauffées, vos vols vers l’Europe – tout cela doit prendre un grand coup. À moins que nous n’inventions un type de technologie énergétique miraculeux, endiguer sérieusement le changement climatique signifie que nous devrions délibérément diminuer notre niveau de vie. Il est impossible pour tous les habitants de la planète de vivre comme les habitants du comté de Santa Clara tout en bénéficiant d’un environnement parfait. C’est tout simplement impossible. »

À long terme, tout sera déterminé par la croissance démographique. À première vue, ce serait une bonne chose. Mais la pression sur les ressources ne découle pas d’une croissance démographique plus faible. Au contraire, plus les familles deviennent petites à mesure qu’elles progressent dans la chaîne de la prospérité, plus elles consomment. Moins devient plus.

(…)

« Plus les familles sont petites en montant dans la chaîne de prospérité, plus elles consomment. Le moins devient le plus. »

Il est impossible de faire fonctionner une économie sans déchets. Mais nous pourrions réduire les déchets à moins de 15%. Certainement moins de 30 %. Il en va de même pour l’énergie destinée aux transports. Il y a trente ans, le véhicule le plus vendu n’était pas la Ford F-150, mais les petites et moyennes voitures. Nous gaspillons l’énergie, nous gaspillons la nourriture, nous gaspillons les matériaux – de tant de façons.

A lire ici sur Noéma

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