Que faire de la normalité à l’ère des réseaux sociaux ?

Vous êtes-vous posé la question de pourquoi la parole et la liberté d’idées n’ont jamais semblé aussi prégnantes dans notre société ? Tous ces tabous et ces règles passées (des plus minimes aux plus fondamentaux) qui passent tour à tour devant le tribunal public « de la nouvelle bonne raison d’exister » ne donnent-ils pas l’impression que le monde se réveille et qu’il est enfin possible d’être, de crier sa différence, de l’afficher avec fierté et d’être un exemple d’un groupe auparavant ignoré ou stigmatisé ? Tout est question désormais de réclamer un droit d’Etre librement car les différences qui nous mettent d’une manière ou d’une autre à l’écart du groupe dominant est prohibé. En creux, ne sommes-nous pas en combat contre la décevante normalité à laquelle la bonne éducation nous dictait d’aspirer – quand la différence de ne pas répondre aux critères du groupe majoritaire, auquel nous appartenions malgré nous, nous catégorisait comme  « discutable », « critiquable »  « méprisable »  et nous imposait de rester discret, faire le contraire rimait alors avec la volonté de se faire remarquer ? La normalité n’a jamais eu aussi peu de place dans toutes les nouvelles voies d’accomplissement qui se sont créées en l’espace d’une dizaine d’années. Soit entrepreuneur, soit influenceur, soit l’exception exemplaire : aujourd’hui, l’extrême a son momentum… Aujourd’hui, il faut être « EX », en dehors de, à la tête d’un petit groupe de semblables, pour mieux être reconnu d’un groupe duquel on se distingue… Vertigineux non ? Alors dilemme ou illusion d’optique ?

Vous connaissez la pyramide de Maslow ? La pyramide des besoins dont le sommet est l’accomplissement de soi, une fois que les besoins physiologiques, de sécurité, d’appartenance et d’amour, et besoins d’estime sont satisfaits (cf modèle, Wikipédia).

Au prisme de l’avancée des mentalités aujourd’hui (ou du moins de l’avancée des conversations), nous sommes, je pense, nombreux à se sentir insatisfaits, si ce n’est moyens, ou encore transparents. Je le pense car les applications de créateurs n’ont jamais été aussi nombreuses, peuplées, animées et très riches (Instagram, TikTok, Youtube, Viméo, WordPress, Substack, etc) : des millions de personnes présentent leur vie, leurs talents, leurs passions, leurs centres d’intérêt dans le souci d’être vus des autres et dans le meilleur des cas, adoubés et adorés (proportion de likes et d’abonnés qui valorise les comptes individuels). POURQUOI ce besoin de montrer, de connecter ce que nous sommes paraissons être – au monde entier, si ce n’est pas pour démontrer que nous sommes tout sauf normaux, classiques, validables par le groupe majoritaire ? Certes, la perspective de gagner de l’argent motive de plus en plus à proposer des contenus « qui plaisent » à un groupe, une majorité, en quête permanente de validation. Tout mérite d’être prise de position, de parole et de revendication d’être, encore une fois du plus minime droit qu’on se sent légitime de réclamer au plus fondamental : il semble falloir nécessaire d’avoir une proposition à avoir. Est bien là le point de bascule car une forme de standardisation de l’étalage de talents vient appuyer encore plus sur cette faiblesse à peine dissimulée que nous souhaitons tous être reconnus pour autre chose que notre singularité intime (celle qui nous rend fragile une fois connue de l’autre) : nous recherchons donc une forme de reconnaissance que nous sommes autre chose que le standard, que nous correspondons à un modèle qui nous distingue de la normalité, tout en voulant et en utilisant des moyens pour y parvenir qui sont complètement banalisés et artificiels ! Nous recherchons le groupe dont on doit être l’exemple pour mieux se distinguer du groupe majoritaire. L’influence de notre époque commence souvent là et par conséquent, remplir la pyramide de Maslow semble impossible puisque tout est bloqué au besoin de reconnaissance et d’appartenance.

Cette tendance est tellement forte qu’il y a tout un business qui s’est développé autour du coaching pour « devenir un influenceur », « gagner beaucoup d’argent sans rien faire », « être entrepreneur » ou nous emmener sur le chemin de « l’accomplissement de soi », sous-entendu : « toi, être normal, que personne en dehors de tes connaissances ne remarque, trouve ton talent, ton accomplissement qui fera de toi une exception en dehors de la normalité, qui te fera créer et être un produit de désir qui a de la valeur : quelqu’un qui compte ».

Le business du « mal-être » est à son apogée. Je parle de mal-être parce que la plupart d’entre nous avons quasiment rempli la pyramide de Maslow, par éducation dans « la normalité ». Nous avons appris à nous sécuriser, par chance d’avoir reçu suffisamment d’équilibre au cours du début de notre vie ou par réaction aux manques : nous avons donc réussi (plus ou moins) à appartenir au groupe « normal » de gens au potentiel de conscience d’être heureux et accompli. Et pourtant, quelque chose, au quotidien, nous persuade qu’il faut plus, que l’extase est la nouvelle normalité pour appartenir « au groupe » et être aimé et accepté (et ce besoin présent en nous d’appartenance et de reconnaissance est un besoin tribal), sous-entendu que l’accomplissement de soi est au même niveau finalement.

On pourrait traduire cela par une société qui évolue vers l’ouverture de l’idée de « Groupe » qui accueille dans sa définition l’acception de singularités qui ont désormais le droit d’être, d’exister et de se revendiquer…. Sauf que ce ce n’est pas un accomplissement d’y parvenir en jouant avec les règles de l’hygiaphone des mondes virtuels : c’est un moyen imposé d’exister.

Sauf qu’un phénomène étrange se passe : les gens « hors de la normalité », ceux qui se présentent comme tels et qui sont bardés de likes et de followers, ont bien souvent des manques dans cette pyramide. La plupart « vendent » l’illusion qu’ils sont accomplis car ils sont riches, célèbres (je parle encore de likes dans un petit monde d’une application virtuelle), privilégiés, donnant l’impression d’être libres par des voyages, des loisirs, des achats, des expériences qui sont la matière même de l’histoire qu’ils racontent et qui convertit. Je vais donner un exemple pour illustrer chaque point de la pyramide :

– Besoins physiologiques : respirer. Vous êtes un individu « normal » et vous respirez sans y penser. L’exception n’est pas de souffrir de problèmes respiratoires (quelle que soit la cause) : il n’y a pas de business à montrer la suffocation. En revanche, des gourous du bien-être, par exemple, vont présenter de multiples techniques de respirations pour atteindre la zenitude, dans une thématique bien-être et accomplissement. Autrement dit, si vous souhaitez être moins stressé, perdre du poids, être meilleur dans une activité (et donc trouver une entrée dans un groupe), vous aurez comme exemple des modèles de personnes posées comme « accomplies » vous partageant diverses techniques de respiration. Potentiellement, vous commencez par penser que vous n’êtes pas accompli, ou au maximum de votre potentiel car des personnes (je schématise volontairement) »qui ont réussi leur vie « maîtrisent une technique de respiration mieux que les gens « normaux » : car les histoires racontées sur Internet sont bien souvent des raccourcis absurdes de ce niveau. A quel moment donc est-il possible de se réjouir simplement que vous respirez « normalement » – traduction : la plupart du temps votre corps vous maintient en vie en respirant normalement de façon inconsciente, parfois, sous le stress, les émotions, votre respiration est altérée, mais « la normalité » revient naturellement quand vous vous rappelez simplement de respirer et de ne pas retenir votre respiration. Nous finissons par nous convaincre que ce besoin n’est pas rempli puisque l’accomplissement repose sur une maîtrise, une pratique de la respiration. Donc rien d’exceptionnel à respirer, non ? J’inverse l’idée : respirer « normalement » est une chance exceptionnelle que nous sommes nombreux à partager, nous pouvons même être compatissant envers ceux qui n’ont pas (ou plu) cette faculté. Nous mettre l’idée qu’il y a une façon de respirer idéale nous enjoint à penser que nous ne sommes « pas assez », parce que la mesure est décalée dans l’excès, et tombe même dans l’absurde la plupart du temps.

Autre exemple : manger ou boire. Nous sommes nombreux à manger plus qu’à notre faim, ici dans nos pays riches. Oui, dans les pays les plus riches c’est une banalité. L’exception n’est pas de montrer ses 3 repas minimum, aussi simples qu’ils soient. L’exception est de montrer ses commandes de livraison, la dernière adresse du quartier, un excès de junk food ou à l’inverse un modèle de régime quotidien vegan ou paléo, son addiction à une marque de surgelés ou sa bonne action à commander dans une épicerie locavore (qui relève d’une histoire d’exemplarité citoyenne pour ceux qui ont de gros moyens). Certains vont aussi surenchérir en présentant leurs recettes, les plats qu’ils dégustent au restaurant, dans les cas extrêmes on peut même voir des phénomènes comme le mukbang (orgies culinaires filmées), et la surenchère se poursuit au sein des groupes de « chanceux » avec des présentations de dégustation exotiques au cours de voyages, ou en business class durant un vol long courrier. Donc la réalité du monde ? Consultez le site des Nations Unies sur la gravité de la situation de la faim dans le monde et de la multiplication des émeutes de la faim (plus de 800 millions de personnes souffraient en 2021 de famine selon Action Contre la faim). J’inverse à nouveau à l’idée : manger chaque jour sans craindre de ne pouvoir le faire demain est une chance exceptionnelle, certainement même culpabilisante quand on trouve qu’on a pris du poids et qu’on se met au régime, quand la maigreur est la réalité d’un individu en famine, ou d’une maladie… Apprécier sa chance et se battre pour que cette chance soit le lot de l’humanité entière devrait être le seul groupe auquel on appartient, sans chercher à en être le modèle ou l’exception.

Il faut admettre également, il me semble, qu’il y a rarement une histoire de talent ou de travail derrière le tapis de « choses à avoir dans sa vie », présentées comme ce qu’il y a de meilleur à vivre (= ingrédients qui valident l’accomplissement de soi), comme si certaines personnes avaient un mérite supérieur au « groupe » de jouir de l’exception. Ces exceptions sont pour la plupart des excentricités indécentes dont personne n’a « besoin » (dans la réalité de Maslow). En vérité cet étalage, qui se monétise, est l’expression d’une forme de « preuve de quelque chose », de revanche, et plus pragmatiquement d’un manque d’estime de soi, un manque de fierté d’appartenance à l’humanité, un manque d’humilité quant à avoir l’exigence que les besoins élémentaires devraient être la normalité et même, plus qu’un droit mais, un du pour chaque individu sur cette planète qui comptabilise plusieurs milliers d’années d’existence et d’évolutions. Le plus grand des entrepreneurs n’est pas celui qui deviendra le plus milliardaire des milliardaires de tous les temps, ce sera celui qui parviendra à rassembler chaque part d’humanité en chacun d’entre nous à vouloir que nous jouissions tous de satisfaire nos besoins primaires. Le plus milliardaire des milliardaires n’a jamais qu’un estomac capable de manger 1 steak (pas 100 000), que 2 jambes et 2 bras pour des vêtements (pas des milliers : à raison de 8760 heures dans une année, même en se changeant toutes les heures) et 24h dans sa journée : il n’a pour lui que le luxe, la lune et des dépenses exorbitantes pour adapter la réalité des besoins et des capacités incompressibles de ce qui lui fait appartenir au grand groupe des individus.

L’accomplissement de soi est, à mon sens, le remplissage de la pyramide certes, mais qui nous permet d’accéder à une réalité collective. C’est agrandir le groupe d’individus avec les mêmes droits, les mêmes accès pour avoir la chance de remplir ses besoins primaires. Faut-il attendre la venue d’extraterrestre pour choisir de vouloir appartenir au groupe de l’humanité ? On risquera de voir émerger des héros malgré tout…

Il n’y a pas de sérénité à travers toutes ces démonstrations d’une vie hors de la normalité. Il n’y a pas de réalité quand on met en scène sa vie : quand on vit, on vit chaque instant vraiment SA vie ; quand on la scénarise, on donne à ceux qui regardent le fantasme de vivre, on dérègle la capacité à apprécier sa vie, tant la sienne et celle des autres. Quand on fournit une prise de vue, on pose un prisme, un recul et une mise en abyme et à travers chaque histoire individuelle nous finissons par observer ces choses en total décalage, en comparaison, ou en supposant que ce qui est exposé a plus de valeur que ce que nous n’exposons pas de nous-mêmes. Quand on vit, on ne pense pas à l’angle de vue le plus favorable, on ne pense pas à la nécessité de cumuler les choses pour nourrir la curiosité des autres.

Compliqué de faire le ménage quand tout cela se passe vite et à profusion sous nos doigts et nos yeux. Même si on souhaite ignorer cet univers artificiel, il est quasiment impossible d’y échapper.

Le talent comme monnaie d’exception ?

Le talent pour réaliser une œuvre d’art, une danse, une pièce artisanale, artistique ou une quelconque réalisation humaine est rarement présentée comme une équation qui implique du travail, l’apprentissage, des échecs, des doutes et du temps. Souvent la triche fait passer les apparences pour du talent. Il y a beaucoup de raccourcis et de choses tues. Quel dommage qu’on ne puisse se réjouir que le groupe d’apprenants s’agrandit et qu’on y appartient ! Il paraît même incommensurable, ou « perdu d’avance » de chercher à se lancer dans une activité artistique, s’il n’y a pas l’espace pour le montrer, car il y a meilleur que nous. La notion de plaisir d’apprendre n’est pas montrable ni partageable. Dans ce monde rapide comme l’éclair, tout le cheminement humain et normal est proscrit. Il faut présenter l’exceptionnel, ce qui nous distingue de ceux qui sont aux différentes étapes du processus de progression. Le talent aujourd’hui répond à des preuves de validation, pas au chemin personnel d’apprentissage. Notre monde rapide ne peut tolérer de prendre le temps. Le biais commence ici. Tout le monde a du talent : chercher à prouver qu’on en a un pour tenter d’exister sera inéluctablement douloureux si on attend la validation. Les « accomplis » se montrent et présentent les meilleurs côtés de leur vie, et fait amusant : les preuves de validation se ressemblent toutes ! Le succès est synonyme de privilège et de richesse : l’apanage d’un petit groupe qui se distingue de la masse.

La réussite comme normalité ?

La présentation d’exemples de réussite est faussement positive : elle pose un mètre étalon à une nouvelle normalité, lorsque réussir n’est pas une exception mais relative aux objectifs de chacun. Un danseur professionnel aura pour preuve de réussite d’être gagnant d’un concours, d’être un professeur réputé, d’être remercié par les apprenants qui suivent ses cours, quant un apprenant aura pour satisfaction de réussir 1/8 temps d’une chorégraphie apprise durant une heure de cours… quand sa semaine compte 168 heures durant lesquelles il est plusieurs autres versions sociales (il a un métier, une famille, des amis etc). Les petites victoires personnelles ont-elles une place, dans un espace principalement digital ? Ce sont pourtant celles qui ont le plus de valeur, MAIS, dans ce monde artificiel où l’exceptionnel est la mesure « normale », les petites victoires qui construisent chaque individualité n’a pas de place, pas d’espace, et pire : pas de temps ! A nouveau, il est impossible d’appartenir à un groupe : il faut se démarquer d’un groupe, en être un représentant, et montrer les preuves de reconnaissance. Le reste est tu. Dans la surenchère, l’exception est aussi liée au contraste du profil : l’âge, le genre, les conditions sociales, ou quelconque aspect qui « raconte une histoire » hors norme. Temps perdu pour temps perdu, vous remarquerez que dans la pyramide des « célébrités », cette recette s’applique. Je partage ce sentiment car j’ai de trop nombreux exemples de personnes dont je suis susceptible d’admirer le talent ou la réussite, mais que je rangerai dans le côté « niche », des exceptions que seuls les initiés peuvent adouber, sans jamais que ces personnes soient reconnues à plus grande échelle car leur exception n’est appréciable que par d’une poignée de pairs. Ici démarre, à mon sens, une forme d’authenticité ou de « duplicata » des véritables rapports entre individus, ceux qui sont réels.

Ce que je cherche à dire c’est qu’il est utile de rester distant quant aux contenus et aux personnes qui sont suggérées dans nos flux : elle représentent bien souvent le résultat d’un algorithme qui traduit nos centres d’intérêts, multiplie les données de nos habitudes de consommation et de partage de contenus pour générer une forme de réaction « frénétique » (de la curiosité mêlée de surprise, d’intérêt exacerbé à la limite d’un défi lancé qui met un peu en colère, qui rend triste ou qui éveille de la jalousie), quasi malheureusement systématique. La réalité c’est que nous « découvrons » rarement les personnes qui nous inspire à ce moment particulier de notre vie : on nous pousse à nous intéresser à un type de personnes qui fascinent et suscitent majoritairement des réactions vives. On finit par agir comme si la comparaison est la monnaie inconsciente pour trouver sa place et exister.

Le monde digital ne nous conduit pas au hasard vers les personnes pertinentes à un moment précis de notre vie. Tout est plutôt dégrossi pour créer des grosses tendances, massives et standardisées. Il y a une grande fausseté dans tout cela quand on nous suggère de nous intéresser à quelque chose ou quelqu’un que nous n’aurions peut-être pas rencontré tout de suite, dans la « vraie vie ». La tendance à se comparer est alors une terrible conséquence quand les choses à comparer ne sont pas, à ce moment-là, comparables, ainsi le mal-être se diffuse en chacun d’entre nous, même quand notre nature n’est pas influençable. La normalité est décalée sur la présentation de l’exceptionnel.

Reste alors le côté spectateur assumé et devenir sans le vouloir un voyeur, un curieux passif qui se divertit, qui remplit le temps de vide. Et ce groupe grossit, aime les mêmes choses et génère des communautés complètement vides auprès d’élus influenceurs qui « travaillent » pour les algorithmes. Rien n’est communautaire ou collectif, dans le sens intime et humain de la chose : on se retrouve dans le « mouvement de foule », passif, abruti par des contenus toujours plus extrêmes et excentriques, nous éloignant de notre chemin de progression individuel.

Les autres et soi

Oui les réseaux sociaux permettent de se lier plus que jamais à des personnes qu’on aurait sans doute jamais rencontrées dans la temporalité du monde réel.

Oui les réseaux sociaux permettent de rester en contact avec des personnes rencontrées une fois dans sa vie et de conserver un lien et une mémoire d’une rencontre quelque part, un jour.

Oui les réseaux sociaux permettent et permettront de faire, lors de moments importants, d’avoir un impact quasi immédiat et massif.

Mais n’oublions pas que nous ne serons JAMAIS dans un monde virtuel autre chose qu’une mise en scène, légèrement décalée par rapport à la temporalité de vraie vie. Nous apprendrons de plus en plus à jouer avec divers aspects de la mise en scène, et ponctuellement il y a aura de la vérité, de l’authenticité, une connexion réelle qui se concrétisera. Mais le standard de l’humanité ne sera jamais replacé comme normalité, il faudra composer avec les extrêmes mis en avant, sous nos yeux.

Si nous en avons conscience, de la même façon que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, un jour nous saurons maîtriser le potentiel des outils à notre disposition pour redonner un sens inédit au lien humain, au sentiment d’appartenance et au collectif, tant qu’on reste éloigner de l’aspect monétisable, qu’on ne tombe pas dans l’addiction à la curiosité, au besoin de se comparer pour trouver sa place. Peut-être que nous parviendrons à progresser dans les relations et les connexions avec les autres, autorisant de belles rencontres liées au hasard, à des progressions individuelles par les rencontres avec les Autres qui nous sont destinées, pour lesquelles nous serons aussi la rencontre destinée.

 

 

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