Quand le futur ?

Je m’intéresse beaucoup au mouvement solarpunk, tout comme au métamodernisme, et bien sûr cela touche à mon intérêt d’imaginer aujourd’hui ce qui sera demain, posant mes espoirs que nous nous sauverons nous-mêmes en remettant la conscience humaine aux raisons d’être des choses, des règles et des institutions, et en replaçant la nature et la planète au cœur de notre ancrage dans le monde.

Je me suis essayée à imaginer un monde demain, en appliquant simplement la logique et la vitesse des innovations aux attentes des gens d’aujourd’hui. La réalité sera autre heureusement. Mais à quoi ressemblera l’avenir ? Celui dans lequel vivront les futures générations et où nous-mêmes nous nous éteindrons ?

Avez-vous remarqué le nombre de personnes (peut-être en faites-vous partie ?) qui s’éloignent des réseaux sociaux, qui ne s’intéressent pas au WEB 3, qui sont indifférentes aux nouvelles solutions digitales (bancaires, logistiques, santé ou autres) ?

Le nombre de start-up ne cesse de grossir mais rien ne dit que quand l’offre sera tellement saturée, elles ne se dépeupleront pas progressivement. Est-ce vraiment réaliste d’imaginer que nous passerons tous plus de 15h dans un monde virtuel ? Vous pensez que c’est déjà le cas puisque nous sommes greffés à nos téléphones, la tête dans la boîte mail entre deux réunions Teams ? Et quel constat faites-vous ?

Nous aspirons à couper les téléphones, à se retrouver dans le monde réel, à vivre des expériences physiques et émotionnellement authentiques : c’est d’ailleurs dans ces moments-là que la réapparition de la technologie, du virtuel, de l’immersif apparaît comme une surcouche inutile, une surenchère pour susciter l’intérêt, mais qui ne prend pas. Si pour les plus jeunes, toutes les solutions tactiles et digitales sont un confort de rapidité, une preuve qu’ils sont dans leur époque, d’autres les regardent un peu attristés : comment leur dire qu’ils gagnent un temps qu’ils ne savent pas utiliser, pire, qui est gaspillé dans une autre activité virtuelle creuse ?

Les plus jeunes ont aussi la chance d’être sensibilisés à ce qui leur semble éloigné : le rapport au monde et à la nature. Les anciennes générations ne mesuraient pas la chance d’être sans solution numérique pour un rien, les nouvelles vont construire un nouveau rapport avec le monde. Ils exigeront de la société qu’elle prenne le plus souvent les chemins faciles et du divertissement, dans ses institutions, dans ses services, dans ses structures, et à côté de cela, je crois qu’elle sera capable d’en paramétrer les limites, et celles-ci seront certainement très strictes.

Demain, la start-up mania sera à la portée de tous et pourtant un secteur plus risqué que jamais. La solution de demain se devra être utile, intelligente, parfaitement taillée dans le respect de l’individu et surtout sans conséquence pour la planète. Une seule solution prendra le pas sur tout le marché concurrentiel : celles qui ne seront pas LA meilleure disparaîtront, vivront à peine même.

Demain, les gens se connecteront en conscience, avec retenue pour se préserver au maximum de tout excès. En revanche, la vraie innovation sera embrassée collectivement et avec frénésie. Nous sommes peut-être entrés dans un monde où les mouvements seront massifs, les adoptions seront collectives : le désintérêt, le désamour, le procès et la mise au rebus le seront aussi.

Les GAFAM ont encore de belles années devant eux jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle société de service ou de divertissement qui parviendra à connecter intégralement les gens en répondant à leurs attentes de confort, de rapidité et de pertinence. La vanité de certains « outils » persistera mais je crois que ces derniers se corrompront eux-mêmes s’ils ne changent pas leur usage et leur business model.

J’espère un jour que l’argent gagné sans travailler, par pure spéculation, par pur opportunisme ou par publicité via des systèmes véreux sera hautement imposé et que cette taxation sera reversée pour des causes dont nous choisirons la priorité ( et des causes à soutenir pour rendre un monde plus juste et plus pur sont de plus en plus nombreuses).

J’espère que les gens continueront à chercher à se connecter au monde pour s’informer, pour s’approcher de la vérité, pour aider, pour devenir de meilleures versions d’eux-mêmes et qu’ils agiront dans le monde virtuel avec plus de conscience, plus de circonspection et d’exigence, car demain, vivre dans le vrai monde sera de plus en plus perturbant et douloureux : il y a peu de chances que les innovations de demain parviennent à surenchérir sur cette réalité.

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