Dernier rapport du GIEC : comment diviser par 5 son confort ?

Je me sens de plus en plus concernée par le sujet de l’environnement, j’intègre complètement que je suis responsable quand j’ai un comportement similaire au plus grand groupe. La publicité et les moyens de connexion aux autres (les réseaux sociaux) nourrissent encore l’idée que ce qui est bien c’est de posséder, de cumuler et de surenchérir.

Pour diviser par 5, il est clair qu’il faut accepter de réduire son confort, de revenir à l’accession moins immédiate des choses, renoncer certainement à avoir immédiatement tout : le temps gagné par l’accès facile rend la valeur des choses moindre, qui deviennent par conséquent jetables et remplaçables. Cela démarre par la douche ou la chasse d’eau, passe par le choix de prendre l’avion complètement discutable, de ne plus acheter de vêtements neufs, consommer local, baisser le chauffage, ne plus jeter ou chercher une solution de recyclage. D’avoir à disposition une voiture électrique ou opter pour du covoiturage et du télétravail pour éviter la voiture. C’est faire que nos Noëls sont plus frugaux, les événements festifs moins nombreux. Est-ce que nous serons capables de renoncer, de ne plus regarder les publicités, ni les réseaux sociaux alors que nous ne sommes pas immédiatement menacés ?

C’est pourtant demain que nous sentirons les conséquences de reporter nos changements d’attitude, il faudra une révolution culturelle et sociétale. Je crains même que pour nous sauver nous soyons contraints d’accepter une société du contrôle.

Mon point de vue est inspiré de la théorie d’économie du doughnut (à retrouver ici et ici) où la complétude des besoins doit être contenue dans les limites d’une consommation qui ne nuit pas à la planète.

https://www.oxfamfrance.org/actualite/la-theorie-du-donut-une-nouvelle-economie-est-possible/

Selon moi, le pouvoir d’achat doit être décentré. Voici quelques idées pêle-mêle :

  1. Accabler l’incitation à une consommation qui conduirait à un monde à +3°C:
    – établir une taxe, une dîme pour toutes publicités incitatives à consommer des produits qui ne sont pas B-CORP ou qualifiés comme sans impact
    – noter et badger sur les publications et les réseaux sociaux les attitudes qui participent à l’émission de gaz à effet de serre ( proposition complètement extrême mais complètement pertinente s’il s’agit d’un hack)
  2. Possibilité de déterminer la répartition de nos impôts dans les domaines qui nous importent : qu’il y ait un minimum versé établi par l’état et le reste dont nous choisissons la redistribution.
  3. En plus de la carte vitale, piloter nos habitudes de consommation avec une carte environnement à scanner à l’aéroport, dans les centres d’activités, les lieux de vacances, à la pompe à essence, à l’achat en concession automobile.
  4. Pénaliser le stockage de données qui relèvent du commercial et de la consommation
  5. Définir un quota d’eau et d’électricité par foyer, ajusté en fonction des familles : les dépassements pénalisés par un surcoût, et un fichage. De même pour les entreprises.
  6. Établir des entreprises d’état sur les secteurs élémentaires : habillement, alimentation, nouvelles technologies, transport, énergie, recherche médicale. Dans ma théorie, nous reviendrions à des entreprises 100% françaises, qui tiennent de bout en bout les matières premières, le savoir-faire, le transport, qui favoriseraient l’insertion au travail et permettant aux familles de subvenir à leurs besoins avec des produits suspendus pour les familles les plus nécessiteuses. (rien ne justifie que sous couvert du capitalisme et de la loi du marché, il soit acceptable qu’il existe foules d’entreprises qui produisent la même chose sur la seule ambition d’être profitable à tous prix).
  7. Toute pollution de l’environnement doit être sanctionné comme délit et crime pour les plus grands dégâts : l’écocide.
  8. Revenir à des rapports réels et ne plus sanctionner les individus qui n’utilisent pas de smartphones, de pc ou d’email dans leur vie de tout les jours : établir des solutions en réel pour ceux qui optent pour une vie décarbonée et luddite.
  9. Éviter tous transports de marchandises qui excèdent un certain niveau d’émission, à moins d’une solution plus lente : privilégier le local et RENONCER aux produits qui ne peuvent être cultivés ou créer localement

 

Ces idées sont perfectibles et challengeables, mais je crains que nous soyons contraints de confier notre société à un état omnipotent, le temps que nous nous responsabilisions : de créer une nouvelle normalité, une nouvelle éducation et un nouveau comportement vis-à-vis de la planète.

Peut-être qu’il faut faire évoluer le pouvoir judiciaire si seule la contrainte, la taxation et la sanction nous amènent à changer nos comportements.


J’ai récemment découvert le site Bon Pote que je vous recommande de suivre et de lire. Le site traite principalement des sujets d’environnements et de société. Les articles sont nourris, documentés et aident à réfléchir sans culpabilisation.

Bon Pote a publié une synthèse des quelques milliers de pages du dernier rapport du GIEC, que vous pouvez retrouver ici.

En substance :

« Émissions record pour la dernière décennie :

Les réductions des émissions de CO2 provenant des combustibles fossiles et des processus industriels (…), ont été inférieures aux augmentations des émissions dues à la hausse des niveaux d’activité mondiaux dans les domaines suivants : l’industrie, l’approvisionnement en énergie, les transports, l’agriculture et les bâtiments. (confiance élevée)

Les variations des émissions régionales, et nationales par habitant reflètent en partie les différents stades de développement, mais elles varient aussi considérablement à des niveaux de revenu similaires. Les 10 % de ménages ayant les émissions par habitant les plus élevées contribuent de manière disproportionnée aux émissions mondiales de GES des ménages.

Les coûts unitaires de plusieurs technologies à faible taux d’émissions n’ont cessé de baisser depuis 2010. Des politiques adaptées et des politiques globales portant sur les systèmes d’innovation ont contribué à surmonter les effets distributifs, environnementaux et sociaux potentiellement associés à la mondialisation (confiance élevée)

Les émissions mondiales de GES en 2030 associées à la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national (NDC) annoncées avant la COP26 rendaient probable un réchauffement supérieur à +1.5°C au cours du 21e siècle et rend la tâche plus difficile de limiter à +2°C après 2030.

Point extrêmement important : sans fermeture anticipée d’une partie des exploitations de charbon, gaz et pétrole, nous dépasserons un réchauffement de +1.5°C.

La réduction des émissions de GES dans l’ensemble du secteur de l’énergie nécessite des transitions majeures, notamment une réduction substantielle de l’utilisation globale des énergies fossiles, le déploiement de sources d’énergie bas carbone. Utiliser les installations existantes sans baisse aura pour effet de rendre impossible le respect des engagements climatiques (confiance élevée).

La neutralité carbone du secteur industriel est un vrai défi mais est possible. La réduction des émissions nécessitera une action coordonnée tout au long des chaînes de valeur afin de promouvoir toutes les options d’atténuation, notamment la gestion de la demande, l’efficacité énergétique et matérielle, l’économie circulaire, et des changements structurels dans les processus de production. »

Vous pouvez consulter l’intégralité de l’article pour les recommandations de sobriété qui impliquent :

  • Les technologies bas carbone pour le transport en privilégiant l’électrique
  • les options d’atténuation du secteur de l’agriculture, de la forêt et des autres utilisations des terres
  • Changement sociétaux de consommations : moins de consommation de produits d’origine animale, plus de local, manger de saison, limiter le gaspillage alimentaire, privilégier les biens recyclés ou de seconde main, éteindre les lumières, baisser le chauffage

Ce graphique présente bien que les efforts doivent être collectifs : tant les entreprises que les consommateurs et clients de ces entreprises.

 

 

 

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