Un ennuyeux débat d’entre deux tours

Sur Owdin, j’ai toujours évité de partager mes opinions politiques : ce n’est pas le lieu pour défendre un parti ou une personne, à la limite je suis prête à défendre des principes politiques, et d’assumer ma position pour l’environnement.

Hier soir j’ai plutôt observé la rhétorique, un peu l’attitude, car il faut bien reconnaître qu’il n’y a pas eu de gagnants, à part ceux qui sont acquis par principe de rejeter en bloc l’un ou l’autre candidat. Il n’y a pas garantie non plus que les candidats fassent ce qu’ils promettent.

Côté contenu, je n’ai vu personne parler réellement du monde dans lequel nous vivons, j’ai entendu deux visions dans un autre monde que le mien. Je n’ai pas entendu quoique ce soit qui m’ait rassurée.

Pour le côté populiste de la candidate, elle a eu le mérite de ramener chaque sujet sur une situation particulière qui témoigne de la souffrance et de l’injustice des uns, là où le président est resté dans une posture de président qui dégrossit les sujets avec chiffres et théories : sur ce point, cette position n’était pas surprenante. Cette méthode est bien connue pour plaire à son auditoire, en plaçant du singulier dans le propos, en touchant l’affect et le pathos. Là où ce coup est malin face à un président sortant, puisque le jugement porte précisément sur la situation présente, construite pendant 5 ans.

Côté attitude, la candidate a enfin réussi à se tenir et se contenir, rendant l’échange plus égalitaire. Toutefois, j’ai été heurtée par l’attitude du président qui a opté pour de la condescendance, de l’attaque, coupant la parole et présentant des chiffres tout aussi nébuleux à interpréter qu’à vérifier, là où la candidate était autant confuse qu’hésitante.

J’ai encore revu le président qui prend des décisions punitives, en particulier dans sa manière masculine de s’imposer, de hausser la voix…. j’avais le sentiment de retrouver un ancien patron qui estime que son autorité n’est pas à remettre en question, puisque c’est le patron et c’est ainsi.

Malheureusement, je n’ai pas confiance en le président car ses 5 années m’ont effrayée comme jamais, et je ne peux avoir confiance en l’autre qui n’a jamais été présidente, qui est restée dans une attitude de candidate, avec qui je ne partage pas ses idées historiques, qui ont été tempérées ces derniers temps.

Le comble à mon sens est la partie du débat sur l’environnement, qui était clairement celle que j’attendais le plus, et là où la faiblesse était la plus éclatante jusqu’au premier tour dans les programmes des deux candidats. Je n’ai rien entendu de convaincu ni de convainquant de la part du président, là où la proposition patriotique semblait être presque la plus cohérente : j’ai voté écologiste au premier tour !, je dois choisir entre la peste et le choléra, entre deux profils qui n’ont pas de vision innovante.

Côté rapprochement du débat et de la guerre en Ukraine, j’ai trouvé cela hors sujet : la « pourriture » est l’apanage du politique, aujourd’hui, conjoncture fait que la situation en Russie est mal connotée, mais en vérité aucun des deux ne peut se vanter sur les financements ou leurs appuis dans l’ombre. Nous, pauvres citoyens, n’avons aucun tenant et aboutissant, encore moins connaissance des ficelles du pouvoir et des effets de réseaux.

Je ne veux pas d’un président qui prend de décisions brutales, qui opte pour la version punitive de l’exercice de nos devoirs. Je voudrais un président qui nous mette chacun acteur de notre démocratie, qui nous implique davantage dans la vie politique. Certes la candidate n’a cessé de parler du peuple, mais comme un signe de ponctuation, pas comme sujet de l’action politique, pas comme projet politique : ce que j’aurais préféré entendre au moins de la part de l’un d’eux.

 

 

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